‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 156 sur 210 · L'insolente nation! », d'après Saint-Simon (p · texte numérisé non relu

L'insolente nation! », d'après Saint-Simon (p

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qu'ils furent contraints d'en sortir et de venir se rallier sous la protection du feu des gardes.

Le village de Nerwinde étant pris à demeure, et 1 infanterie des ennemis rompue, M. de Luxembourg étendit gauche du côté du village de Laer, que les ennemis abandonnèrent après un léger combat : en sorte que la cavalerie françoise eut une entrée facile pour tomber sur le flanc droit de l'e.nemi, qui lui opposa quelques escadrons. Alors M. d'Harcourt, qm venoit de Huy, sur l'a^ns du combat, avec son camp voLtS tomba aussi sur le flanc de 'ennemi par le village de Laer, pendant que M. de Luxembourg fi Intrer par Nerwinde et le côté du retranchemen qm en Xi? proche et qui avoit été abattu la meilleure partie de'sa cavalerie. Le prince d'Oijnge chargea fuT-même avec la sienne, qui ne rendit pas grand omit, étant prise en tête et en flanc. L'épouvante devint bientôt générale ■ le prince d'Orange ne put plus ran er sa cav^erie, et il fut emporté, aussi bien qu 'é cteur de Bavière, par les fuyai^ds, qm se jetèrent IftsLnt dans la Geete et y firent en un instant des nonts d'hommes et de chevaux.

^ La gauche des ennemis se retira en meilleur ordre, parce qu'elle fut protégée par l'infanteru. q"> ^o^tit d^ Lerllen quand elle vit le combat perdu Cette mf^terie fit bonne contenance et vint passer la Geete sur

1 II était à cinq lieues du champ de bataille ; mais, au bruit du c non dès cinq heures du matin, il partit avec ses v.ngt-

Guerre 1206, n» 218, citée en partie dans Mémoires de Saint-Simon).

des ponts qu'elle y trouva. Elle borda la rivière au delà, pour favoriser la retraite de la cavalerie, qui ne fut guère poussée au delà du champ de bataille, quoique la victoire fût bien complète. La raison de cela, suivant ce qu'on en a dit, étoit que M. de Luxembourg ne vouloit pas finir la guerre ^

M. le duc de Chartres combattit en cette bataille avec une valeur digne de sa haute naissance^; Monsieur le Duc et le prince de Conti ne lui cédèrent en rien 3 et eurent une grande part à la victoire. La nation en général y acquit beaucoup de gloire; mais il en coûta la vie à cinq cents officiers, dont les plus considérables furent MM. de Montchevreuil, lieutenant général\ le prince Paul de Lorraine\ Lucan, maréchal de camp'', le duc d'Uzès^ le comte de Gassion^, le mar-

1. Saint-Simon reproduit le même bruit (t. I, p. 262) et ajoute d'autres accusations contre le maréchal.

2. Il chargea plusieurs fois à la tête des escadrons de la Maison du Roi.

3. Les deux princes conduisirent l'attaque des gardes françaises et suisses contre Nerwinde, comme ils l'avaient déjà fait à Steinkerque (ci-dessus, p. 236).

4. Gaston-Jean-Baptiste de Mornay, comte de Montchevreuil était colonel du régiment du Roi, gouverneur d'Arras et lieutenant général de la dernière promotion; il fut tué à la première attaque du village de Nerwinde.

5. Jean-Paul de Lorraine-Lillebonne, né en 1672, était colonel de cavalerie.

6. Ci-dessus, p. 241 ; il venait d'être nommé maréchal de camp le 30 mars précédent.

7. Louis de Crussol, devenu duc d'Uzès en 1692 à la mort de son père, était brigadier de cavalerie; il eut les deux jambes emportées par un boulet de canon.

8. Henri, comte de Gassion, était enseigne des gardes du corps et brigadier de cavalerie.

nuis de Rebén de Ligneris, commandant la Maison du Roi^ le marquis de Rolhelin\Champvallon\Bohlen , Quadt« le comte de Montrever, le chevalier de Clermont», et plusieurs autres dont je ne me souviens pas.

1. Claude-Hvacinthe de Faverges, marquis de ^ebé f lonel du régiment d'e Piémont depuis 1680, brigadier en 1690, mourut le 4 août, de ses blessures, à Namur.

2. Joseph d'Espinay, marquis de Lignens, lieutenant de gardes du corps depuis 1677, venait d'être nomme maréchal de camp et avait commandé la Maison du Rot dans les cam-

^Tce!:Ta--ur qu'il est parlé ici du marquis de Kothelin Henri II d'Orléans, marquis de Rothelin, avait ete tue en 1690 au combat de Leuze et n'avait laissé ^u'un .Us âge de deux ans, et son père Henri-Auguste était mort en 1692. Peut-êtie Saint-Hilaire^eut-il parler du marquis de Rochefort, qui fut blessé, mais non tué, à Nerwinde. .

4 François de Harlay, marquis de Champyallon, était guidon des gendarmes du Roi; il n'avait que vingt et un ans et était cousin germain de Saint-Simon.

t M. Bohlen était colonel du régiment Royal-Allemand depuis 1688 et brigadier depuis 1690.

6. M. Quadt, protestant allemand converti, avait eu un legiment de cavalerie en 1685. ,

7 Jacques-Marie de la Baume, comte de Montrevel, colonel de cavalerie, était brigadier de la dernière promotion.

8 T chevalier de Clermont-Gallerande, de la branche de Loudon, tué en effet à Nerwinde d'après les généalogies, mais q i n'es't pas mentionné par les autres relations parmi les mo^ le marque; il en est parlé ici parce que ^^^ 'p'^'J^^''^^^ Léonor marquis de Clermont-Gallerande, avait épouse en 1681 "^delle d! Mormès de Saint-Hilaire, sœur de notre auteur A ce propos, il faut rectifier l'erreur du Morcri eiduDicnon t;?de'la Chenaye des Bois, qui font de cette Madeleine a fille et non la sœur de notre lieutenant gênerai de 1 art.lleue, c t'i-ci, né en 1651, ne pouvait avoir en 1681 une iiUe bonne rmariêr. Les généalogies du Cabinet des titres ne laissent d'ailleurs pas de doute sur ce point.

Le nombre des officiers blessés fut encore plus grand, et il y eut dix à douze mille soldats tués ou blessés*.

La perte des ennemis fut à peu près égale^; mais on fît sur eux environ deux mille prisonniers, parmi lesquels on trouva le duc d'Ormond^, lieutenant général, M. de Zuilestein, major général*, Sgravenmoer^, le comte de Lippe ^, et quelques autres généraux. Le prince de Barbançon, général de leur cavalerie et

1. Ce chiffre est exagéré. Voici ce que l'intendant de Bagnols écrivait le 2 août (vol. Guerre 1207, n" 10) : « Des quatre mille blessés de la bataille de Nerwinde, j'en ai fait passer deux mille à Huy, et de là à Naraur; il y en a encore deux mille au moins qui sont restés à Sainte-Gertrude, près de Landenfermé. M. de Luxembourg y a laissé M. de Bezons avec une brigade de cavalerie et une d'infanterie pour couvrir l'hôpital. Les chirurgiens, les commissaires des guerres et une partie des Récollets y sont aussi restés. J'espère que tout partira le 4' de ce mois avec le secours des charrettes des vivres, des chariots des paysans des villages voisins, des charrettes des vivandiers de l'armée et des équipages des officiers généraux, qui tous ont ofTert de les donner pour le soulagement de ces malheureux. » Il y a des états des principaux officiers tués ou blessés, et des pertes des compagnies des gardes du corps et des gendarmes, dans le volume 1206, n°* 214 bis, 223 et 224, mais pas d'états généraux.

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