‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 155 sur 210 · Hameau tout proche de Nerwinde vers l'ouest · texte numérisé non relu

Hameau tout proche de Nerwinde vers l'ouest

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terie H mit ensuite deux autres lignes de cavalerie, et derrière elles le reste de Tinfanterie. L'artillerie fut postée à la tête de toutes ces lignes, et répondit à cent pièces de canon de l'ennemi, [avec cette différence qu'elle voyoit peu ses lignes, couvertes par le retranchement et la hauteur, tandis que le canon du pnnce d'Orange, posté à couvert sur la crête de la hauteur, d'où il dominoit, ne manquoit guère de porter à tout coup dans cette multitude de troupes en bataille dans un terrain serré et désavantageux].

Sur les neuf heures du matin, la fausse attaque commença au village de Neerlanden, et la véritable à celui de Nerwinde par les sept brigades d'infanterie. Elles s'en rendirent maîtres après un rude combat, où il y eut bien du monde de tué de part et d'autre ; mais le prince d'Orange y envoya aussitôt un corps d'infanterie fraîche tiré de sa ligne, qui attaqua le village avec tant d'ordre et de vigueur, que les François en furent chassés. M. de Luxembourg fit charger de nouvelles brigades, qui chassèrent une seconde fois les ennemis hors du village. Comme le prince d'Orange faisoit son capital, aussi bien que M. de Luxembourg, d'avoir ce poste, il le fit encore attaquer par un nouveau détachement, qui en chassa les troupes du Roi iusques aux haies qui étoient à l'autre extrémité. Alors M de Luxembourg fit avancer une brigade fraîche d'infanterie, qui reprit poste à l'entrée du village mal-ré le feu terrible des ennemis; et en même temps il fit^avancer droit à leurs retranchements les lignes en la disposition que je les ai décrites. Cette fière marche les intimida un peu; mais, n'étant pas encore forces dans leur village, et leurs retranchements éUnt dans

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leur entier, ils ne s'ébranlèrent pas. La Maison du Roi et la cavalerie, s'en étant approchées, trouvèrent des ravins et des parapets où les chevaux ne pouvoient monter, et elles étoient foudroyées du canon de l'ennemi, qui la voyoit en plein.

Cependant le prince d'Orange couroit partout où il croyoit sa présence nécessaire, et, ayant remarqué que les François ne s'ébranloient pas du feu terrible de son canon, il courut aux batteries pour juger luimême d'où cela pouvoit provenir. Il vit que tous les boulets portoient et que les troupes du Roi essuyoient tous ces coups avec une intrépidité admirable, et ne faisoient que reformer leurs rangs. Il s'en retourna, en s'écriant : « Quelle nation M » [Belle louange, certes, en la bouche d'un ennemi !]

M. de Luxembourg, voyant de son côté qu'à midi il n'y avoit encore rien de décidé, résolut une troisième attaque au village de Nerwinde, et y porta six nouvelles brigades d'infanterie, qui se firent une entrée dans les haies de la gauche de ce village. Les deux brigades des gardes françoises et suisses le côtoyèrent sur la droite et s'avancèrent jusques au pied du retranchement qui y aboutissoit. Alors le combat recommença avec une vivacité extrême et dura plus d'une grosse heure avant de chasser les ennemis hors du villao-e. Les gardes françoises, voyant arriver quelques escadrons de la Maison du Roi, éboulèrent du retranchement pour leur faire un passage : les escadrons entrèrent aussitôt et trouvèrent plusieurs lignes de cavalerie ennemie qui les chargèrent si vertement,

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