Il s'appelait M. de Heidersdorf
5. La Gazette raconte l'incendie autrement (p. 264) : « Trois cents soldats prisonniers, qui avoient été mis dans la grande église, mirent le feu aux deux clochers, qui se communiqua à la ville, et, quoi qu'on pût faire pour l'éteindre, il en consuma une grande partie. »
profitât des mouvements confus qu'on voyoit faire aux ennemis pour les attaquer; mais il se contenta de les canonner dans leur camp, et il s'en rev.nt sur Heidelberg. Cependant il ne l'eut jamais si beau, et il n est pas excusable d'avoir manqué ce coup, à moms qu il n'eût reçu des ordres précis de la cour de ne rien entreprendre qui pût engager une affaire générale .
11 voulut tenter une autre entreprise sur quinze mille Saxons qui, après avoir traversé le Mem a Francfort, venoient joindre l'armée impériale Dans ce dessein, il passa le Neckar sur des ponts qu .fit élever au-dessous d'Heidelberg, vis-à-vis de la petite v. le de Ladenbourg, et marcha avec beaucoup de diligence le long du Bergstrass, tenant le grand chemin de Francfort. Lorsqu'il fut arrivé dans le pays de Darmstadt, il trouva la petite ville de Zwingenberg située sur le bord d'un défilé, où les Saxons avoientjete douze ou quinze cents hommes de pied pour assurer leur retraite. Le maréchal les fit attaquer vivement; une partie fut forcée dans cette ville, qui n'étoit qu une méchante bourgade ; l'autre se sauva du mieux qu elle put; et, à cela près, le corps entier des Saxons lui échappa, et joignit peu de jours ai^^ès l armée du prince de Bade, sans plus trouver de difficulté^. Cette
1 M de Lorge essaya de forcer le passage du Neckar à diverses reprises, et il y eut même, le 6 juin, un combat assez s rieuTà Wimpf n, sur les bords du Qeuve; mais, voyant 1 arméTdu prince'de Bade augmenter tous les jours, U se résolut
à la retraite.
2 A trois kilomètres sud-ouest de Darmstadt.
3 C-e dans la nuit du 10 au 11 juillet que M. de Cham. lly, envoj; par le maréchal, attaqua ce petit poste (Ga.eUe, p. ooO; Histoire militaire, p. 651-C52).
attaque coûta au maréchal cinq ou six cents hommes tués ou blessés; le prince d'Espinoy^ fut du nombre des derniers^.
Dans ce temps, Mgr le Dauphin, qui venoit de Flandres^, arriva avec son armée dans la partie du Palatinat en deçà du Rhin ^, et il courut quelque bruit qu'il assiégeroit Mayence pendant que le maréchal de Lorge s'en approcheroit de l'autre côté du fleuve et feroit tête au prince de Bade. M. de Lorge, auteur de ce projet, qui vraisemblablement auroit réussi, avoit assemblé à Philipsbourg tous les matériaux nécessaires à l'entreprise ; mais la cour, qui avoit en vue de faire une grande irruption en Allemagne, ne fut pas de cet avis, qui se trouva le meilleur dans la suite ; car on ne fît que battre le pays pendant tout le reste de la campagne. Je ne sais si le maréchal de Lorge en fut fort fâché; mais il n'en est pas moins certain qu'il n'y avoit guère d'hommes qui abondassent plus que lui dans leur sens et qui fussent plus aises de le suivre^.
Sur la nouvelle de l'approche de Monseigneur, le maréchal de Lorge fît passer le Neckar à son armée et la ramena sur Philipsbourg. La jonction se fît au village de Graben, à une lieue au delà de cette place ^ et on entra dans le pays de Wurtemberg par la vallée
1. Louis de Melun, prince d'Espinoy (1673-1704), était colonel du régiment de Picardie.