La jonction eut lieu le 16 juillet
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de Pforzheimi avec une armée de soixante-dix mille hommes et un prodigieux attirail de guerre.
Le prince Louis de Bade se tenoit toujours près d'Heilbronn avec l'armée impériale et y avoit cte joint par les Saxons, quelques régiments de l'électeur de Brandebourg, du landgrave de Hesse et des cercles de l'Empire : ce qui formoit le nombre d'environ cinnuante mille hommes. Comme le projet de la cour etoit de marcher droit à lui pour le combattre, on ne songea plus qu'à l'exécuter et à passer le Neckar.
Il y avoit quelque apparence que les Impériaux s'opposeroient à ce passage; mais, comme il se fit tranquillement, et qu'il ne parut que quelques escadrons ennemis au delà du fleuve, [lesquels s etoient seulement avancés pour prendre langue et faire a découverte,] les plus sensés de l'armée jugèrent, comme cela étoit effectivement, que le prince Louis avoit pris un poste inattaquable. Après le passage du Neckar^ l'armée séjourna trois ou quatre jours au delà, dans une petite plaine qui se trouva sur le rivac^e, et ce fut autant de temps qu on donna aux ennemis pour changer leur logement et prendre de bons postes, qu'ils assurèrent par des redoutes et de bons retranchements.
Au départ de ce campN l'armée vint dune seule marche en vue de celle des ennemis. On trouva un
1 Cette ville appartient aujourd'hui au grand-duché de Bade. 2- Le palla e!! fit le 27 juillet sur des ponts supportés par les pontons en cuivre qui accompagnaient 1 armée.
4' Sint-m/aÏe n'était pas en Allemagne avec Monseigneur; il é'tait resfé à l'armée de Flandre. La description si précise
petit ruisseau qui tomboit contre le retranchement de leur droite, et lui servoit d'avant-fossé. Ce retranchement, qui s'étendoit jusques au delà du centre, étoit assis sur une hauteur escarpée, fortifiée d'un grand ravin large et profond, qui tenoit lieu de fossé. Leur gauche étoit appuyée à de hautes montagnes, qui empêchoient qu'on ne la put tourner par son flanc, et,
qu'il va donner de la position du prince de Bade, bien plus complète que celles de l'Histoire militaire ou de la Gazette, semblerait indiquer un témoin oculaire. Évidemment, il a eu communication de relations ou correspondances envoyées par des officiers de l'armée du Dauphin. On peut rapprocher de son récit les lettres de MM. de Chamlay, de Lorge et de Saint- Pouenge, en date des 3, 4, 5 et 7 août (vol. Guerre 1215, n»= 1, 2, 8 et 13), qui en confirment l'exactitude. On en pourra juger par le passage suivant de la lettre de Chamlay du 3 août : « ... Le front du camp de la gauche des ennemis [étoit] couvert d'un grand et profond ravin, qui tenoit d'un côté aus. grandes montagnes couvertes de grands bois et aboutissoit de l'autre au grand ravin ou fond dans lequel coule le ruisseau de Schalbach et sur le bord duquel étoit posté le centre et la droite de l'armée ennemie. Les bords de ce ravin... étoient fort étroits et fort élevés; ... il est couvert de vignes fort épaisses et coupé d'un fort grand retranchement, accompagné d'espace en espace de grosses redoutes. Les bords du ravin qui couvre le centre et la druite des ennemis... étoient aussi fort hauts et fort escarpés..., et plantés de vignobles, particulièrement sur la droite, lesquels vignobles sont élevés les uns sur les autres par plusieurs terrasses de murailles; dans lesdits vignobles régnoit un retranchement jusques à la droite, avec des redoutes de distance en distance, ainsi que du côté de la gauche... La gauche des ennemis aboutissoit aune espèce de montagne faite en pain de sucre..., qui étoit coupée de trois retranchements par étages les uns sur les autres, et, tout à fait sur la cime, les ennemis y avoient pratiqué une grande redoute. »
[sur celles qui étoient détachées de la chaîne qu'elles font en cet endroit et qui se trouvoient devant la gauche de leurs lignes,] ils avoient construit de bonnes redoutes garnies d'infanterie et de canon. Le front de cette gauche étoit encore couvert, depuis les montagnes jusques au centre, par un grand bois si fourre qu'il étiit impraticable à des troupes, et, au débouche, on trouvoit un grand retranchement parallèle qui communiquoit aux redoutes des montagnes. En descendant vers le centre de la ligne des ennemis il y avoit un grand chemin à travers le bois, qui se trouvoit a gauche côtoyé par une hauteur fort escarpée et a droite par un grand fond, en sorte que ce chemin étoit un défilé qui périssoit au village de Welnshelm^ enveloppé dans le retranchement des Impériaux. Le bois se prolongeoit encore tirant vers leur droite laissoit vers leur centre une clairière de sept a huit cents pas de large, qui périssoit de leur côte au bord du ravin dont j'ai parlé, et qui étoit si escarpe, qu aucune cavalerie ne le pouvoit descendre ni monter. Le retranchement étoit sur la crête au delà, et hnisso.t sur le bord du Neckar, de manière qu'on ne pouyoït, non plus que par la gauche, tourner le flanc de ennemi Au delà de ce retranchement, et dans tout le front que je viens de décrire, l'armée impériale étoit campée dans un terrain encore plus élevé et qui tomboit presque partout en glacis sur le bord du retranchement, qui étoit encore bordé de distance en distance, à l'endroit où le grand bois finissoit, par de petits bosquets qui cachoient la vue, et dans lesquels