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l'ennemi et à conserver ses communications avec Suse et Pignerol, qu'il pourvut abondamment de tout ce qui étoit nécessaire à leur défense ; mais, pour les assurer davantage contre l'ennemi, il fit tirer un grand retranchement à la tête de Suse, [et le fit revêtir, lequel fermoit la gorge de la vallée depuis la montagne jusques à la rivière de Doire, et ne se pouvoit tourner à cause de la hauteur et de l'âpreté des montagnes] . Il y établit un camp d'infanterie pour le défendre ; il y joignit quelque cavalerie pour la soutenir en cas qu'elle vint à être attaquée. A l'égard de Pignerol, il éleva un fort sur la montagne de Sainte-Brigitte, qui dominoit un peu la citadelle, et se campa [à Fénestrelles], dans la vallée de Pragelas, avec son principal corps d'armée, où il tenoit la communication avec Pignerol, et étoit en état de se poster dans le retranchement de Suse en cas que le duc de Savoie entreprît de l'attaquer.
Ce prince faisoit continuer le blocus de Casai par un petit corps de troupes, plutôt pour satisfaire les Impériaux et les Espagnols, que par envie de réduire cette place, parce qu'il craignoit que les Impériaux ne la voulussent garder si elle étoit prise. Ce même i-affinement de politique lui fit manquer Pignerol, qu'il auroit pu prendre, [si on en croit la voix commune] ; il se contenta d'y mener son armée et de l'investir. Il attaqua assez mollement le nouveau fort de Sainte- Brigitte, qui ne fut pas défendu de même. A la fin, les Savoyards s'en approchèrent de si près, que les François l'abandonnèrent et se retirèrent dans la citadelle. Après cette expédition, M. de Savoie hésita de commencer le siège, et s'en tint au bombardement de la
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ville II fit raser le fort de Sainte-Brigitte S et il temporisa tant, que le maréchal de Catinat, ayant reçu le renfort qui lui vint des armées d'Allemagne et de Catalogne et ramassé toutes ses troupes, entra dans le Pilmont par le Pas-de-Suse, dans le dessein de e combattre [ou de lui faire quitter Pignerol, devant lequel il étoit toujours campé].
Bataille de la Marsaille. - [Sur ces nouvelles, M de Savoie renvoya sa grosse artillerie par le Po, et leva son camp pour combattre M. de Catmat, qu il ne pouvoit plus éviter.] Les deux armées arrivèrent en présence Tune de l'autre le 4 octobre-, dans la plaine de la Marsaille, entre Turin et P.gnerol Le combat commença sur les sept heures du matm . L'aile gauche du duc de Savoie plia à la première charge? et se renversa sur l'infanterie, qui fut mise en désordre. L'aile droite, où étoit la cavalerie impériale, soutint mieux les charges; mais, ayant été prise en flanc et par derrière parla cavalerie françoise, qui avoit battu ce qui lui avoit été opposé au commencement du combat, elle fut aussi mise en fuite. L infanterie, qui se trouva dans un terrain favorable de vignes qui pahssadoient son front, combattit quelque teiiips avec fermeté ; mais, se trouvant entièrement abandonnée de
1. Mémoires de Saint-Simon, éd. Boislisle, t. I, p. 273; Mémoires de Sourches, t. IV, p. 268-269.