‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 192 sur 210 · Mémoires de Saint-Simon, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Saint-Simon, t. III, p

armée, qui étoit inférieure à celle de France, par de nouveaux retranchements. Quelque temps après, étant devenu supérieur par les troupes qui le joignirent et celles du landgrave de Hesse qui revenoient de Flandres, il fit amas de grosse artillerie et se mit en état de passer le Rhin. Il en prit le chemin, laissant le o-énéral Thungen, avec quelques troupes et des milices qu'il ramassa, dans les lignes d'Eppingen pour couvrir le pays.]

[Sur ces mouvements, le maréchal de Choiseul revint passer le Rhin à Philipsbourg et se campa d'abord en plusieurs camps le long de ce fleuve, entre Worms et Frankenthal, à dessein de disputer le passage aux Impériaux en cette partie, les empêcher de faire des ponts et consommer les fourrages jusques à Mayence; mais ils ne lui en laissèrent pas le temps et vinrent passer le Rhin sur des ponts qu'ils firent près de Mayence. Ils remontèrent ensuite tout le long pour venir droit au maréchal de Choiseul, qui se retira derrière le Spirebach. Alors le prince Louis, qui avoit fait remonter ses ponts jusques à Worms pour la commodité de la subsistance de son armée, fut joint par le landgrave de Hesse, qui vint par Kreuznach le long de la montagne. Il y étendit sa droite, ayant toujours la petite rivière de Spirebach entre lui et le maréchal, qui mit sa gauche à Neustadt et ordonna des retranchements le long du front de son ai^née, aux endroits qui lui parurent nécessaires. Et, comme il y avoit au delà du Spirebach une hauteur vis-à-vis Neustadt où étoit un vieux château ruiné nommé le Hart, d'où le canon de l'ennemi pouvoit incommoder son camp et canonner Neustadt, où il avoit jeté des troupes, il fit

occuper cette masure par un petit détachement d'infanterie, qui s'y fortifia le mieux qu'il put. Il ne voulut pas y en mettre un plus fort, parce qu'il ne le pouvoit soutenir avec son armée, et qu'il n'auroit pas été facile de le retirer*.]

[Le prince Louis fit battre ce château par sa grosse artillerie, qui canonna aussi le camp du maréchal et l'obligea de le retirer un peu. On ouvrit une espèce de boyau contre ce château, et l'officier qui y commandoit fut sommé de le rendre, ce qu'il refusa, ne se sentant pas encore assez pressé, et sachant le moyen de se retirer : ce qu'il fit quand il se vit en péril d'être emporté d'assaut.]

[Le marquis d'Harcourt, qui avoit côtoyé le landgrave avec son petit corps d'armée depuis Namur, joignit alors le maréchal de Choiseul par le Val-Saint- Lambert, et le prince Louis de Bade, considérant qu'il ne le pouvoit attaquer après ce renfort dans le poste qu'il occupoit, leva son camp, se retira en bon ordre, et revint passer le Rhin sur ses ponts, qu'il renvoya à Mayence.]

[Le général Thungen, qui d'Eppingen étoit venu se camper avec son petit corps près de Philipsbourg, se retira dans ses lignes, et, comme on étoit alors au commencement d'octobre, les armées ne firent plus rien que prendre des quartiers de fourrage, en attendant ceux d'hiver, qui ne tardèrent pas à arriver.]

Campagne et paix d'Italie. — En Itahe, quoique depuis deux ans on traitât secrètement des moyens de paix avec le duc de Savoie ^ on ne laissa pas de faire

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