Un traité de paix secret fut même signé avec le duc à
390 MÉMOIRES DE SAINT-HIIAIRE. UG%
de grands préparatifs de guerre du côté du Piémont, tant pour accélérer cette paix que pour donner plus de prétexte au duc de conclure sans les alliés, dont la foiblesse lui donnoit plus de sujets de crainte iiue d'espérance. Dans cet esprit, on répandit le bruit qu on méditoit le siège de Turin à l'ouverture de la campagne, et on se prépara d'entrer en Piémont de meilleure heure et avec plus de forces que les années précédentes. . , , ,•
D'un autre côté, M. le duc de Savoie n oublia rien extérieurement pour se précautionner, et faisoit travailler avec des soins extrêmes à de nouvelles tortitications à Turin, [afin d'en rendre l'attaque plus difficile et d'éblouir ses alliés].
L'armée de France, forte de quatre-vingt-huit ou dix bataillons et de quatre-vingt-six escadrons, avec une artillerie proportionnée, entra en Piémont par e Pas-de-Suse et le col de la Fenestre, et vint camper, le 19 mai, près de Suse. Le marquis de LarrayS lieutenant général, fut détaché, avec un gros corps de cavalerie et les grenadiers de l'armée, pour s'avancer sur Turin et s'assurer du passage de Saint-Ambroise et de la hauteur proche VeiUane, où le maréchal de Catinat vint camper le 26 avec tout le reste de l'armée. [Il mit son quartier général à Rivolte. Pendant ce temps, le duc de Savoie redoubloit ses précautions : il fit monter tout son canon sur les remparts et tirer une ligne de redoutes depuis le pont de la Doire jusques au laubourg du Ballon; il garnit le tout de ses meilleures troupes J.
la fin de février, à Lorette, par l'entremise du pape et des Vénitiens.