‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 202 sur 210 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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406 MÉMOIRES DE SAINT-IULAIRE. [Ifi97

troupes qui avoient servi en Piémont contre le duc de Savoie et les Espagnols. 11 en fortifia les deux anciennes armées de Flandres et en composa une troisième, qui fut commandée par le maréchal de Catinat; elle étoit de trente mille hommes et s'assembla aux envu^ons d'Ypres les premiers jours de mai. Le maréchal de ViUeroy commanda la principale, qui fut de soixante mille hommes et s'assembla dans le même temps près de Tournay. Une autre, de cinquante mille hommes sous le maréchal de Boufflers, se forma dans la plaine de Civry, entre Mons et Maubeuge.

Outre ces trois armées principales, il y eut un camp volant sur la Meuse sous le marquis d'Harcourt ; M. de Montrevel en eut un autre, et le comte de la Motte un troisième, pour couvrir le pays du côté de la mer . Les ennemis n' avoient, pour opposer à toutes ces troupes, que deux armées : l'une, de soixante mille hommes, sous le prince d'Orange, et l'autre, de trente mille sous l'électeur de Bavière, qui se campa d'abord à Deynze, derrière la Lys, et le prince d'Orange à Bois-Seigneur-lsaac, derrière Braine-le-Comte.

Toutes ces armées se mirent en mouvement les premiers jours de mai, et le maréchal de Catinat fit investir la ville d'Ath par M. de Rosen, heutenant -énéral, le 18 dudit mois, et se rendit devant cette place avec toute l'armée^ [Le maréchal de ViUeroy

1. Le détail de la composition des armées est dans V Histoire militaire, p. 292-295. j i„,

2. Sur le siège d'Ath, on peut voir les relations données dans le Mercure de mai et de juin, les correspondances de la Gazette, p. 174-175, 181-183 et 189-191, et de la Gazette d Amsterdam, n- XLi-XLvn, les Mémoires de Catinat, t. III, p. 5U-5t),

vint camper à Ostiches* avec la sienne, et M. de Boufflers à Ghislenghien^ qu'il mit devant son front de bandière, sa droite au moulin de Silly, qu'il avoit aussi devant, et sa gauche au bois de Touticourt et joignant presque la Dendre.] Les premiers jours du siège furent employés à établir les quartiers, à former les lignes de circonvallation, et aux prépai-atifs nécessaires. M. de Vauban eut la direction de tous les travaux. La tranchée fut ouverte le 22 mai au soir, et conduite avec tout l'art dont ^I. de Vauban étoit capable. Il y avoit dans la place environ trois mille hommes sous le comte de Rœux, qui en étoit gouverneur ^ Elle fut attaquée par le côté de la porte de Bruxelles; une nombreuse artillerie qui la battit ruina bientôt les défenses et facilita beaucoup les approches, qui se firent avec très peu de perte.

[Pendant ce temps-là, l'armée de l'électeur de Bavière décampa de Deynze, alla passer l'Escaut à Gand et joignit celle du prince d'Orange, qui vint camper, la gauche à Hal, et la droite à Goyck, tirant sur Ninove. Ce mouvement en fit faire un à l'armée du maréchal de Villeroy, qui étendit son armée depuis la Hamaïde, dont il fit fortifier le château, jusqu'à Papignies, sur la Dendre, où il fit jeter quantité de ponts, afin de la passer plus promptement en cas de besoin et se joindre au maréchal de Boufflers, qui, de

V Histoire militaire, p. 297-307, et les volumes 1400 et 1401 du Dépôt de la guerre.

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