‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 42 sur 210 · Gazette, p · texte numérisé non relu

Gazette, p

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ne se trouvoit en sûreté en aucun lieu, mit pied à terre avec ceux du vaisseau qui alloient à la provision. Quelques paysans, les ayant découverts, se mirent à les maltraiter et à les appeler papistes, jésuites, traîtres, etc., qui s'enfuyoient du royaume pour éviter le châtiment qu'ils avoient mérité. Le roi voulut les apaiser avec de l'argent ; mais ils n'en furent que plus animés, et, étant prêts à en venir aux coups, on leur déclara que c'étoit le roi. Alors ils se jetèrent à ses genoux, lui demandant pardon, et le conduisirent dans leur village pour le réchauffer, car il avoit grand froid ; mais, cette nouvelle y étant bientôt répandue, le maire survint, qui eut l'audace de s'assurer de sa personne. Il en donna incessamment avis au gouvernement de Londres, qui envoya au roi ses carrosses avec quelques gardes et deux ou trois seigneurs, pour le supplier de retourner à Londres ^ Le roi leur fit beaucoup d'instances pour les obliger à lui laisser poursuivre son voyage, et, voyant qu'elles étoient inutiles, il monta en carrosse et se laissa conduire. Il rentra dans Whitehall le 26 décembre, avec les acclamations du peuple touché d'un reste de tendresse et de respect excité par la pitié. Il soupa en public, servi en la manière accoutumée, et reprit les fonctions de la royauté 2; mais, apprenant, dès le même soir, que le prince d'Orange approchoit de Londres, il envoya au-devant de lui Mylord Feversham lui faire compliment et lui offrir le palais de Saint-James pour son logement. Ce Mylord fut aussitôt arrêté par l'ordre du prince, sur ce qu'il avoit licencié de son chef les restes de l'armée royale

1. Le récit de la Gazette (p. 12) est beaucoup moins détaillé.

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