Gazelle, p
1689] MÉMOIRES DE SAINT-HaAIRE. 99
et qu'il feroit savoir sa réponse dans trois jours. Ce n'est pas qu'il hésitât sur le parti qu'il avoit à prendre, et même qu'il ne l'eût déjà pris ; mais il falloit, pour rendre cette assemblée authentique et selon les lois, ciue les seigneurs absents et les membres des Communes qui avoient été mandés y fussent admis.
Au bout de trois jours, il se trouva deux cent quarante vocaux dans l'assemblée, et l'on y déféra unanimement le gouvernement de l'État au prince d'Orange, qui l'acceptai Incontinent après, il envoya ordre au nonce du Pape et à l'ambassadeur de France de sortir d'Angleterre dans deux fois vingt-quatre heures-. [Sur cela, il apprit que la cour de France prenoit occasion de la sédition des apprentis, dont j'ai parlé ^, pour débiter avec chaleur, dans les cours et États catholiques, qu'il étoit manifeste que le but de la confédération des princes protestants tendoit principalement à la ruine de la religion catholique, puisque même, sans avoir aucun égard pour le droit des gens et les personnes des souverains, la révolution de Londres avoit commencé par le pillage des maisons des ministres d'Espagne et de Florence et des catholiques; elle vouloit en inférer que la guerre qui se méditoit étoit pour cause de religion, et, parce moyen, les empêcher d'entrer dans la ligue. Le prince d'Orange para ce coup en faisant indemniser grassement tous ceux qui avoient souffert quelque perte en ce désordre, et en
1. Gazette, p. 23 et 33, avec le texte de la réponse que le prince fit aux députés.
2. La Gazette dit seulement que M. Barrillon, ambassadeur de France, quitta Londres le 3 janvier.