‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 67 sur 210 · Sur la Dendre, entre Ath et Ninove · texte numérisé non relu

Sur la Dendre, entre Ath et Ninove

1690] MÉMOIRES DE SAINT-HILAIRE. Ul

rivière de Dendre, il en fit sauter et démolir toutes les écluses, afin qu'elle ne fût plus navigable, [sans que les ennemis, qui tenoient l'autre côté de cette rivière par leur armée, se missent en devoir de l'en empêcher]. Les paysans de la chàtellenie d'Ath avoient retiré tous leurs bestiaux et leurs fourrages sur le ulacis de cette place, et le gouverneur y en avoit fait amasser une grande quantité en meule, pour le quartier d'hiver. M. de Luxembourg les envoya brûler une belle nuit par les grenadiers de l'armée, qui enlevèrent aussi les bestiaux S et, pendant tout le temps que son armée fut à Lessines, les soldats faisoient la petite guerre dans les derrières de l'armée et y faisoient un grand butin, [ce qui les mit fort en curée].

Tous les fourrages des environs de Lessines étant consommés, M. de Luxembourg en décampa, y ayant séjourné depuis le 29 août jusqu'au 9 octobre suivant, qu'il vint passer l'Escaut à Pottes, et la Lys à Harlebecque^, d'où l'armée marcha à Rousselaere^ et se mit en quartiers de fourrages jusqu'à Dixmude et à Furnes ; et, à la fin du même mois, l'armée se sépara pour entrer en quartiers d'hiver. Les ennemis se retirèrent du côté de Gand et de Bruxelles, et cette campagne finit, qui acquit aux armes de France une supériorité qu'elle s'est conservée pendant tout le reste de cette guerre.

Avant d'entamer le propos de la campagne d'Italie, je crois devoir déduire les raisons et moyens qui

Page 1