Perwez-le-Marché, sur la route de Valenciennes à Ath
1 ',n MÉMOIRES DE SAINT-HILMKE. [1690
bourg. Son armée, dont M. de Luxembourg relinl une partie, s'en retourna dans les Ardennes pour gagner la Moselle; mais, comme ces avis ne se trouvèrent pas tout à fait justes, et que les Palatins et les Hessois, en petit nombre, ne se mirent en campagne que plus d'un mois après, il y a lieu de croire que le ministre se servit de ce prétexte pour avoir lieu d'affoiblir M. de Luxembourg, et le mettre hors d'état de donner un second combat à l'ennemi, crainte qu'il ne le gagnât et devînt par ce moyen au-dessus du pinacle. M. de Boufflers acheva sa campagne à Arsdorf et MartelangeS dans le Luxembourg, sans qu'aucun ennemi approchât de lui plus près que de dix lieues.
M. de Luxemlwurg, en partant de son camp de Perwez, vint à Blicquy-, d'où il envoya un gros détachement de son armée raser les murailles de l'abbaye de Cambron près d'Ath^, qui servoit de retraite aux partis ennemis; [et, ayant appris qu'ils vouloient aller prendre le camp de Lessines, il les y devança et les contraignit d'aller camper vis-à-vis Ninove, sans oser passer la Dendre. M. de Luxembourg fit raser en leur présence les murailles et les tours de cette petite ville, afin qu'ils ne s'en pussent servir, et en fit faire autant à celle de Grammont^]. Et, comme la ville d'Ath tiroit la meilleure partie de sa subsistance par la
1. Martelange, sur la Sarre, est à dix-neuf kilomètres nord d'Arlon, sur la frontière actuelle du Luxembourg; Arsdorf est à quelques kilomètres à l'est de Martelange.