‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 7 sur 210 · On sait maintenant que Louis XIV avait « des vues plus · texte numérisé non relu

On sait maintenant que Louis XIV avait « des vues plus

que les Espagnols tejioienl en Angleterre et leurs émissaires, qui n'otoient pas si bien inCornics de ce qui se passoit du côté du Levant, furent tort surpris de cette déclaration et l'attribuèrent à l'appréhension que le Roi avoit de leurs pratiques. Fiers d'un événement dont ils se glorifioient, ils s'exhaloient en discours aussi inutiles qu'inconsidérés. Le Roi, qui en fut bien informé, les laissa évaporer, sans y faire attention.

1682. — Bombardement d'Alger. — Ce pendant, il fit agir l'armée qu'il avoit en mer contre les Algériens, qui infestoient les côtes de France et troubloient le commerce. Cette armée se présenta devant Alger et canonna la ville ; le bey et son divan demandèrent la paix, qu'ils obtinrent, à condition de rendre tous les esclaves françois qu'ils détenoient, de ne plus troubler la navigation des sujets du Roi, et d'avoir pour sa personne et sa puissance tout le respect et la vénération qui lui étoient dus^ Mais ces corsaires rompirent bientôt le traité ; ils recommencèrent leurs pirateries, et s'attirèrent une seconde visite plus fâcheuse que la première ; car leur ville fut si bien canonnée et bombardée, qu'elle en fut presque entièrement détruite^.

étendues » : il espérait que l'Empereur, attaque par les Turcs, aurait besoin du secours de la France, et que, en récompense de ce service, les Electeurs ne pourraient moins faire que de donner au Dauphin le titre de roi des Romains; l'armée qu'il offrait à l'Empereur, et qui se serait trouvée après la guerre en plein cœur de l'Allemagne, aurait été d'un poids considérable pour obtenir ce résultat.

i. Alger fut bombardé à diverses reprises du 22 août au 12 septembre (Quincy, Histoire militaire, t. II, p. 8-19; Jal, Abraham Duf/iiesne, t. Il, p. 421-431).

Page 1