C'est une erreur : Lauzun avait obtenu la permission
désordres, et dans le temps cjue ce malheureux prince se vit abandonné de tous ses sujets. Il se chargea de l'évasion de la reine et du prince de Galles, qu'il conduisit heureusement en France^ Le roi d'Angleterre s'y réfugia peu de jours après, et reconnut aussitôt le service que M. de Lauzun venoit de lui rendre par l'ordre de la Jarretière qu'il lui donna. Il obtint encore poui^ lui le retour des bonnes grâces de Louis XIV et la permission de revenir à la cour. L'action qu'il venoit de faire et sa vue rappelèrent dans le cœur du Roi quelque reste de l'inclination qu'il s'étoit autrefois sentie pour lui, n'en étant point détourné par M""" de Montespan, qui n'étoit plus en faveur. L'occasion se présentant de secourir le roi d'Angleterre, Sa iMajesté lui donna le commandement en chef de l'armée qui passa en Irlande avec ce prince-, dont je décrirai ci-après le malheureux succès. Il fut rappelé après la campagne, au grand contentement de M. de Louvois, contre le gré duquel il avoit été choisi ; car il craignoit qu'il ne rentrât trop dans les bonnes grâces du maître, et tout lui faisoit ombrage. Le fâcheux événement de cette campagne l'a privé depuis des emplois militaires ; mais le Roi l'a fait duc^ et il s'est marié avec une des filles du maréchal de Lorge qui n'avoit que quinze ans, quoiqu'il fût plus que sexagénaire*. Il vit encore
d'aller se promener en Angleterre, et il s'y trouvait depuis plusieurs mois, lorsque la révolution éclata.