‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 75 sur 210 · D'abord relégué en Anjou et en Touraine, il n'obtint de · texte numérisé non relu

D'abord relégué en Anjou et en Touraine, il n'obtint de

de paroître à la cour. Mademoiselle lui donna le duché de Saint-Fargeau ' et le promena longtemps dans ses terres ; mais ils se brouillèrent dès que la reconnoissance eut fait son premier effet. La princesse étoit devenue âgée et fort jalouse, et le comte ne s'étoit jamais piqué d'une fidélité fort exacte envers les dames; [ainsi c'étoit là une belle matière à divorcer]. Il y a grande apparence que le comte, né ambitieux, fit plusieurs réflexions sur ce que cette liaison lui avoit coûté, et qu'il s'ennuya de sa captivité. Sa conduite déplut si fort à Mademoiselle, qu'elle le chassa absolument de sa maison, sans vouloir plus le revoir, même à l'article de la mort^, quoique ro|)inion commune soit qu'ils avoient contracté entre eux un mariage secret dès le commencement de leur intrigue''.

M. de Lauzun étoit rôdant par Paris, quand le prince d'Orange passa en Angleterre pour détrôner son beaupère; et, comme ce comte avoit beaucoup de courage, et par-dessus cela une grande envie de revenir à la cour et de rentrer en grâce à la faveur de quelque action d'éclat, il fit demander au Roi la permission d'aller offrir ses services à celui d'Angleterre, ce qui lui fut accordé*. Il arriva pendant les plus grands

pouvoir revenir à Paris qu'en 1G85, sur les vives instances de Mademoiselle.

1. Saint-Fargeau (Yonne) avait été érigé en duché en 1675 et rapportait vingt mille livres de rente.

2. Dangeau dit (tome lA', p. 260) : « Mademoiselle n'a jamais voulu voir M. de Lauzun dans sa maladie et a reçu avec aigreur les gens qui lui en faisoient la proposition. »

3. Lauzun « le laissoit toujours entendre », et prit le deuil à la mort de la princesse, ce que le Roi trouva fort mauvais [Saint- Simon, éd. Boislisle, t. I, p. 125).

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