C'est le 5 février que Guillaume revint à la Haye
2. Notamment les électeurs de Brandebourg et de Bavière, le landgrave de Hesse-Cassel, le marquis de Gastanaga, gouverneur des Pays-Bas espagnols (Gazette, p. 80, 106, 117-119 et 131).
3. Histoire militaire, par le marquis de Quincy, t. II, p. 343- 372, avec un plan du siège; Gazette, p. 155, 164-168, 176-180, 188-191 et 204; Dépôt de la guerre, vol. 1043 (ordres du Roi et lettres du ministre), 1057-1059 (correspondance et rapports des généraux et ofiiciers). Saint-Hilaire assista à ce siège; il appartenait à l'armée de M. de Luxembourg : c'est donc en témoin oculaire qu'il va parler. D'ailleurs, son récit, très succinct, est conforme à toutes les autres relations.
Feuillade, qui commandoient sous elle ; il visita tous les quartiers, dont il approuva la disposition ' .
Le 23, la tranchée fut ouverte du côté de la porte de Berthamont. Le 25 et les jours suivants, la place fut battue par une nombreuse artillerie, quantité de mortiers et force boulets rouges, qui mirent le feu en plusieurs endroits de la ville et épouvantèrent fort la bourgeoisie. On eut avis que le prince d'Orange assembloit une grosse armée à Hal pour secourir la place. Sur cette nouvelle, le maréchal d'Humières, qui étoit campé à Harlebecque, sur la Lys, avec une armée de douze à quinze mille hommes, eut ordre d'en partir pour s'approcher de celle du Roi, qui envoya M. de Rosen, lieutenant général 2, avec un corps de cavalerie, reconnoître l'armée du prince d'Orange. Il rapporta qu'elle grossissoit de jour à autre, et (jue le prince se disposoit à marcher p(iur tenter le secours. Quoique le Roi ne crût pas qu'il l'osât entreprendre, parce qu'il ne pouvoit tout au plus rassembler que quarante mille hommes, il ne laissa pas de prendre toutes ses précautions et disposa la meilleure partie de son armée, sous M. de Luxembourg, pour faire tête au prince d'Orange, pendant ([ue l'autre continueroit le siège.
Le r' avril, on commença de combler le fossé de
1. Vol. Guerre 1057, n» 19 : lettre de Chamlay du 16 mars sur la manière dont l'investissement a été établi et sur les dispositions à prendre pour continuer le siège.
2. Conrad de Rosen, originaire de Livonie, était lieutenant général depuis 1088 et venait d'obtenir la charge de mestre de camp général de la cavalerie légère; il deviendra maréchal de France en 1703.
l'ouvrage à corne, que l'on attaqua sur les trois heures après-midi. Les assiégés en furent chassés après un petit combat; ils revinrent aussitôt et le reprirent, parce que l'on ne s'y étoit pas encore assez bien établi. Le lendemain, il fut attaqué de nouveau et emporté sans retour. La nuit du 5, on combla l'avantfossé, et, le 6, on fit un logement sur la contrescarpe de la demi-lune; le 7, on étendit ce logement et on embrassa la demi-lune; le 8, sur les quatre heures du soir, les assiégés battirent la chamade et capitulèrent. Le 10, le prince de Berghes', qui commandoit dans Mons, en sortit avec sa garnison, encore forte de cinq mille hommes, et, pour s'excuser de ne l'avoir pas défendue plus longtemps, il en rejeta la faute sur les bourgeois, qui, à ce qu'il disoit, l'avoient forcé de capituler. Quoi qu'il en soit, le Roi eut cette ville à grajid znarché. M. de Boufflers y fut blessé d'un coup de mousquet à l'oreille 2, le marquis de Lostanges^ tué, et peu d'autres. Sa Majesté donna le gouvernement de cette place à M. de VerteillacS [qui
1. Philippe-François de Giymes, comte, puis prince de Berghes (1650-1704), avait eu en 1684 le grade de général de bataille dans l'armée espagnole et le titre de prince en 1686. U commandait à Mons et dans le Hainaut comme gouverneur et capitaine général depuis 1690. Charles H lui donna la Toison d'or en récompense de sa belle défense de Mons.