‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 87 sur 210 · Le 1"' avril, à l'attaque de l'ouvrage à corne · texte numérisé non relu

Le 1"' avril, à l'attaque de l'ouvrage à corne

3. Jean de Béduer de Lostanges, de la branche de Felzins, avait eu une compagnie dans le régiment de cavalerie du duc de Bourgogne, et était alors enseigne des gardes du corps; il fut tué le 6 avril, à l'attaque de la contrescai-pe de la demi-lune.

4. Nicolas de la Brousse, comte de Verteillac, lieutenant des cent suisses en 1676, reçut le 9 avril 1691 le gouvernement de

étoit un très galant homme,] et s'en retourna à Versailles, [après avoir donné ses ordres, tant pour sa conquête cjuc pour rompre son armée,] qui alla se rafraichir dans des quartiers, en attendant la saison de se mettre en pleine campagne. Le prince d'Orange, l'ayant appris, en fit autant de la sienne, et repassa en Hollande, puis en Angleterre, [bien fâché de n'avoir pas eu assez de temps pour assembler un nombre de troupes suffisant pour tenter le secours de cette place. C'est ainsi que Sa Majesté a toujours primé ses ennemis et leur a enlevé leurs meilleures places avant qu'ils eussent le temps de se mettre en bon état pour s'y opposer, ce qui lui a procuré de grands avantages. Il est certain que M. de Louvois étoit excellent pour ces dispositions de sièges prématurés; il les regardoit comme son ouvrage, et on n'y manquoit jamais de rien.]

Siège et prise de Nice. — Dans le même mois de mars, le Roi fit assiéger Nice en Provence par M. de Catinat. Cette place appartenoit au duc de Savoie. Elle fut aussi investie par une petite armée navale, afin que nul secours ne s'y pût introduire. La citadelle étoit bonne et bien munie; mais, une bombe qui y fut jetée par les assiégeants ayant mis le feu à un magasin de poudre, toute la garnison en fut presque anéantie, et la place se trouva si ouverte, qu'elle fut contrainte de se rendre 1. M. de Catinat s'empara encore

Mons; il obtint le 25 avril suivant le grade de maréchal de camp et fut tué le 4 juillet 1693.

1. C'est le 24 mars que Catinat arriva devant Nice, et la citadelle capitula le 2 avril [Histoire militaire, p. 412-417 ; Gazette, p. 180 et 191; Dépôt de la guerre, vol. 1093).

de Villefranche, des forts de Saint-Ospice et MontalbanS et, par ces conquêtes, ferma les portes de la Provence aux ennemis du Roi.

Irlande. — Il y eut cette année cinq armées de terre en campagne, sans compter celle d'Irlande, que M. de Saint-Ruhe alla commander; mais les affaires y étoient si désespérées, qu'on n'en augura rien de bon, et que ce général fut vaincu et tué dans une bataille prèsd'Athlone^; les Anglois se rendirent entièrement maîtres de ce royaume, et tous les troubles d'Ecosse furent assoupis.

Campagne de Flandres. — On comptoit sur de grands événements en Flandres pendant cette campagne; car le prince d'Orange, n'ayant plus rien digne de l'occuper en Irlande, et ses affaires étant finies en Angleterre, repassa la mer une seconde fois, pour se mettre à la tète d'une nombreuse armée, qui s'assembla sous Bruxelles vers la fin du mois de mai ; mais elle manqua d'être défaite avant qu'elle fût entièrement formée [et que le prince d'Orange l'eût jointe, ainsi que je vais le raconter] .

M. de Luxembourg, ayant assemblé, le 15 mai, aux environs de Courtray, l'armée de France^ forte de quarante-cinq mille hommes, et composée des meil-

1. La prise de Villefranche et des deux forts précéda celle de Nice. Saint-Ospice est sur un promontoire à l'est de la ville ; Montalban, dans l'intérieur des terres, sur la route de Nice à Villefranche.

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