‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 89 sur 210 · Hameau à un kilomètre nord de Hal · texte numérisé non relu

Hameau à un kilomètre nord de Hal

5 Aux portes mêmes de Bruxelles.

G. Leeuw-Sainl-Pierre, dans la direction de Bruxelles.

habilement d'affaire [et se dégagea en homme entendu], et M. de Luxembourg revint coucher en son camp, ayant manqué ce beau coup. On employa jusqu'au 5 juin à démolir entièrement les murailles et les fortifications de Hal, où l'on trouva quelques munitions de guerre, et l'armée marcha ce jour-là, sur neuf colonnes, et passa la Senne, pour venir camper à Braine-le-Comte.

Cependant, M. de Boufflers, qui, dans les premiers jours de mai, avoit assemblé une armée de vingt mille hommes aux environs de Bouillon, traversa un bout des Ardennes et vint à Jemeppe, près Marcheen-Famine, où il arriva du gros canon, des mortiers, un grand attirail de bombes, des pontons de cuivre, et toutes sortes de munitions de guerre.

Le 24, l'armée partit de Jemeppe, et, laissant à main gauche le grand chemin de Liège, que les ennemis avoient coupé de plusieurs retranchements qu'ils gardoient avec des paysans et quelques gens de guerre, elle passa avec des peines infinies, et surtout l'artillerie, par des chemins presque impraticables, pour ai-river devant Liège le 1"=' juin'. La première expédition qui s'y fit, et que l'on commença dès que la tète de l'armée arriva, fut de chasser les ennemis de quelques postes qu'ils occupoient sur les avenues de la Chartreuse, située sur une hauteur à la tête du faubourg d'Amercœur -, afin d'en disputer les approches,

1. Les Liégeois s'étaient engagés à garder la neutralité; malgré cela, ils avaient attaqué, l'année précédente, des convois français et reçu une garnison hollandaise. Louis XIV voulait les punir d'avoir manqué au traité.

2. Ce faubourg occupe la rive droite de la Meuse, sur la route d'Aix-la-Chapelle.

ce qu'ils ne firent guère bien, quoiqu'ils ne man- (.uassent pas d'infanterie et que la situation du terraui lui fût favorable^ M. de Tserclaës^, général des troupes de Liège, se retira derrière la Chartreuse, où il plaça mille hommes d'infanterie, se posta dans l'espace qui est entre la Chartreuse et la rivière de Meuse, avec trois régiments de cavalerie et un de dragons, couvrant son flanc gauche d'un retranchement garni de gens de pied, et le droit» du faubourg d'Amercœur, par \e moyen duquel il avoit communication avec la ville. La Chartreuse [est située, ainsi que je l'ai déjà dit, sur une hauteur escarpée du côté de la ville et distante d'icelle de deux portées de mousquet; elle] étoit enfermée d'un grand enclos de murailles, sans aucune terrasse derrière; les ennemis y avoient ajouté en dehors quelques redans de terre fraisés et palissades, avec un fossé peu large et profond, et avoient fait en dedans une espèce de retranchement avec des palissades plantées en rigole.

On ouvrit une espèce de tranchée devant cette Chartreuse dès le même soir. On travailla en même temps à faire des batteries, qui tirèrent le lendemain matin et firent de grandes brèches à la muraille. On travailla, le soir suivant, à approcher les tranchées, et, sur les onze heures, on vint dire à M. de Boufflers que les ennemis, craignant d'être forcés, s'étoient retirés et avoient abandonné la Chartreuse. Il la ht

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