‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 90 sur 210 · Son flanc droit · texte numérisé non relu

Son flanc droit

reconnoitre aussitôt et y mit un bon corps d'infanterie. M. de Tserclaës leva son camp et rentra dans la ville, ne laissant dans le faubourg d'Amercœur et son retranchement que quelques escarmoucheurs. On logea tout le canon et les mortiers dans l'enclos de la Chartreuse, et, sur le midi, on commença à bombaj-der la ville et à y tirer des boulets rouges avec tant de succès, que, les maisons étant serrées et presque toutes bâties de bois, le feu prit, une heure après, à cinq ou six endroits de la ville.

Cependant le gouverneur de xMaëstricht envoya dans Liège une partie de sa garnison, et M. de Tserclaës y appela aussi les troupes de Hesse, qui passoient près de là pour aller joindre l'armée du prince d'Orange, afin de contenir la multitude des habitants de la ville, qui portoient tous les armes, et les empêcher de se rendre aux François pour faire cesser le bombardement et se libérer du péril.

Il continua le 4 jusques à midi, et, pendant ce temps-là, M. de Boufflers fit emporter le poste que les ennemis tenoient au village de Chênée'. M. de Tserclaës fit passer la Meuse à quelques escadrons, par un gué contre la ville, pour recueillir ceux qui se sauvoient de Chénée. On mai^ha à eux, et ils repassèrent le gué. On brûla ensuite une partie du faubourg d'Amercœur, et, les bombes étant finies, on commença de se retirer par le grand chemin qui va de Liège à Dinant, et on laissa cette première ville dans un état affreux : le dommage en fut estimé à quinze millions^.

Page 1