‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 94 sur 210 · Sur la route qui va de Philippeville à Beaumont · texte numérisé non relu

Sur la route qui va de Philippeville à Beaumont

2. A dix kilomètres au sud de Beaumont, sur la route de Chimay.

M. de Luxembourg, étant campe dans la plaine de Beaumont, avoit à sa droite la trouée de Rance, à sa gauche le village de Cousobe*, et, devant lui, à plus d'une portée de canon de campagne, la petite rivière de Beaumont, [qui n'est point guéable, et, par delà cette ville, des hauteurs fort escarpées et peu accessibles, où l'avant-garde de l'ennemi se tint jusques au lendemain. Elle occupa bientôt la petite ville de Beaumont, où, jusque-là, on tenoit un poste.] Puis elle fît une tentative pour faire des ponts près la ville; mais elle ne lui réussit pas; cai' M. de Luxembourg y marcha avec des troupes et du canon, qui leur fît bientôt abandonner cet ouvrage avec perte. Ainsi le prince d'Orange se réduisit à garder Beaumont pour tenir le défîlé et empêcher qu'on ne vînt à lui. Il se tint campé, près de trois semaines, à Donstiennes et Strée-, derrière Beaumont, dont il fît sauter les tours, et retira la garnison en décampant pour aller i^epasser la Sambre. M. de Luxembourg avoit grande envie de charger son arrière-garde dans sa retraite ; mais il ne put arriver assez à temps [et vint seulement jusques au vieux camp de l'ennemi, d'où il s'en retourna pour passer la Sambre à Solre et la Bussière]. De là, il s'en fut sur la Dendre vers Lessines, où il fînit la campagne, les ennemis se tenant aux environs de Bruxelles.

Pour ce qui est de M. de Boufflers, il lui revint quelques bataillons, et il passa dans les Ardennes pour s'opposer aux Palatins, qui y faisoient des courses,

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