‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 95 sur 210 · Dép. du Nord, cant. de Solre-le-Château · texte numérisé non relu

Dép. du Nord, cant. de Solre-le-Château

2. Ce sont deux communes du canton de Thuin, au nord de Beaumont.

et au landgrave de Hesse^ qui y voulut, pénétrer avec douze ou quinze mille hommes. M. de Boufflers, qui lui étoit inférieur en nombre, vint occuper les hauteurs de Rochefort, qui est un très bon poste; aussi, le landgrave, qui vint se présenter dans la plaine au-dessous, n'osa l'y attaquer, et s'en alla camper à Marcheen-Famène, à une lieue et demie de Rochefort, [où il demeura près d'un mois. Au décamper, il l'échappa belle;] car son arrière-garde auroit sans doute été battue au passage du ruisseau de Marche, si un gros brouillard qui survint le matin n'eût empêché M. de Saint-Frémond^ qui étoit là avec un gros parti, de s'apercevoir plus tôt de son décampement. Il en donna avis à M. de Boufflers dès qu'il lui fut connu, et ce pendant se mit à harceler l'arrière-garde, pour la retarder; mais ce fut inutilement : M. de Boufflers ne put arriver à temps. Le landgrave se retira et mena ses troupes prendre des quartiers d'hiver dans son pays. [L'armée de M. de Boufflers s'en vint camper à Marche, et ne tarda pas à marcher dans les siens.]

Campagne d'Allemagne. — La campagne d'Allemagne ne fut pas si vive cette année. L'électeur de Saxe 3 y commanda l'armée impériale, et le maréchal de Lorge celle de France. La première étoit

1. Charles, landgrave de Hesse-Cassel (1654-1730), avait succédé en 1670 à son frère Guillaunae VII.

2. Jean-François Ravend, marquis de Saint-Frémond, commandait un régiment de dragons depuis 1688 et avait eu le grade de brigadier en 1690; il mourut en 1722, lieutenant général depuis 1702.

3. Jean-Georges III, né en 1647, avait succédé à son père comme électeur en 1680; il mourra le 12 septembre de la présente année 1691 : ci-après, p. 189.

de trente-cinq mille hommes, et l'autre de trente mille. Cette dernière s'assembla vers Neustadt, dans le Palatinat, à la fin du mois de mai, et vint tout de suite camper proche Mayence. Elle fit le dégât aux environs, pour empêcher les Allemands d'y subsister. Un détachement de l'ai^mée força la petite ville d'Algesheim^ , où il y avoit cinq cents Impériaux et plusieurs paysans armés ; on y trouva beaucoup de vivres- . L'armée vint à Kreuznach consommer tous les fourrages des environs. Celle des Impériaux, toujours tardive à s'ébranler, ne se mit en campagne qu'au commencement de juillet, et s'approcha du Rhin pour le passer près Mannheim, dont elle commença à faire relever les fortifications. Les François vinrent aussitôt camper vis-à-vis, le Rhin entre deux, pour l'empêcher de faire des ponts. Le maréchal de Lorge envoya le marquis d'Huxelles, avec un gros détachement, au-dessous de Mannheim, afin de veiller de ce côté-là sur les Impériaux et de lui donner le temps d'arriver avec le reste de l'armée, [en cas qu'ils voulussent y jeter un pont sur le Rhin ; mais il en arriva tout autrement] : les ennemis, à la faveur d'une grande île fort couverte au milieu du Rhin, firent un pont de leur côté jusques à icelle, qu'ils continuèrent jusqu'à l'autre rive sans être découverts, à cause d'une espèce de bois qui empêchoit la vue, et aussi parce que le marquis d'Huxelles ne fut pas averti ponctuellement par ses partis. Ainsi les Impériaux passèrent le Rhin sans aucun empêchement. Le marquis d'Huxelles eut bien

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