Le 12 septembre
plus rien entre les deux armées que quelques rencontres de petits partis et quelques disputes pour les fourrages] .
Campagne d'Italie. — La guerre d'Italie fut plus vive, quoiqu'il ne s'y donnât point de bataille. [Dans le commencement de la campagne, M. de Savoie fut réduit à de grandes extrémités; car les Espagnols et les Allemands qui dévoient joindre ses troupes ne le firent que tard, selon leur coutume.] Les François, avec une armée de trente mille hommes, entrèrent de bonne heure en Piémont par le Pas-de-Suse et marchèrent à Veillane, qui n'est qu'à trois lieues de Turin. Ce n'est qu'un méchant bourg, où il y a un château que les Piémontois avoient fortifié le mieux qu'ils avoient pu, [sans toutefois le rendre bon, parce que ce poste leur étoit très important pour empêcher les courses de la garnison de Suse et tenir le dégorgement de la vallée dans le Piémont]. M. de Gatinat le fit attaquer, l'emporta, et le démolit*. Le comte de Tessé, maréchal de camp^, fut blessé à cette attaque, et plusieurs autres; car les Savoyards ne se défendirent pas mal par rapport à leur petit nombre.
De Veillane, l'armée vint camper à la vue de Turin. Les habitants crurent qu'ils seroient assiégés, et la chose n'étoit pas impossible, quoique M. de Savoie eût fort muni cette place [et qu'il y eût jeté toute son infanterie, qui consistoit en cinq ou six mille hommes,