C'est seulement en mai que cette nomination fut déclarée
2. Stahrenberg en eOet déroba une marche à Bezons, passa la Sègre sans difficulté, le 26 juillet, et se présenta devant Balaguer, qui se rendit aussitôt.
3. Le mécontentement des Espagnols venait surtout de l'inaction de M. de Bezons. Celui-ci, qui savait que la France avait l'intention de retirer ses troupes d'Espagne et qui avait ordre en conséquence de ne point engager d'opération, exécuta ses instructions trop à la lettre et ne s'opposa même pas aux mouvements des ennemis.
de Bezons ^ , qu'il fit même chevalier de la Toison d'or ~ ; puis il s'en retourna à Madrid, sous prétexte d'aller se mettre à la tête de son armée qui agissoit vers le Portugal, sous le commandement du marquis de Bay, mais plus effectivement pour vaquer au dedans de son royaume, très agité, et où il croyoit que M. le duc d'Orléans, prince très ambitieux et doué de beaucoup de courage et d'esprit, avoit formé de si puissantes intrigues qu'elles ne tendoient pas moins que de lui faire perdre la couronne \ [Comme le développement certain de cette grande intrigue n'est parvenu jusques ici qu'à peu de personnes, je dirai seulement qu'elle ne laissa pas de paroître avoir quelque fondement^,]
1. Philippe V, parti de Madrid le 2 septembre, arriva à l'armée le 11, et se convainquit que le maréchal, auquel tout manquait, était en effet dans l'impossibilité de rien faire.
2. Louis XIV ne permit pas au maréchal d'accepter cet honneur.
3. Saint-Simon a raconté longuement dans ses Mémoires, t. XVIII, p. 45 et suivantes, toute cette affaire, dont le fond n'est pas encore connu maintenant d'une façon précise. Il semble bien que le duc d'Orléans, voyant les affaires de Philippe V péricliter en Espagne, avait eu le projet (peut-être même y eut-il quelque commencement d'exécution) d'entamer des négociations avec les Alliés pour se faire attribuer la couronne d'Espagne, si, par le sort des armes, Philippe V était obligé de se retirer. Peut-être cette combinaison avait-elle des partisans parmi les grands espagnols. Toujours est-il que la princesse des Ursins en eut quelque connaissance et fit arrêter deux agents du duc d'Orléans, nommés Flotte et Regnault, qui furent emprisonnés, mais auxquels on ne fit pas de procès, peut-être dans la crainte de trouver au bout le duc d'Orléans.
4. Tout ce commencement de phrase, qui se trouve ainsi dans le manuscrit, avait été remplacé dans l'édition antérieure par ces mots, qui disent exactement le contraire : « Quoique
en ce que le roi d'Espagne destitua ses principaux ministres et changea tous ses conseils. Il envoya le duc de Medina-Cœli'', son premier ministre, au château de Ségovie, où il fut gardé très étroitement^. Plusieurs autres seigneurs espagnols de grande considération furent aussi arrêtés et gardés avec beaucoup de soin. Il ordonna à tous les François habitués dans les villes de son royaume de se retirer et demanda au Roi de rappeler Amelot, son ambassadeur, près de lui, auquel il avoit donné une part très intime dans toutes ses affaires les plus grandes et les plus essentielles^. Flotte, homme d'esprit^, et quelques autres confidents de M. le duc d'Orléans, qui se trouvèrent en Espagne, furent envoyés prisonniers dans des châteaux^, et Son Altesse Royale elle-même tomba dans une telle disgrâce près de notre Roi qu'elle a paru durer presque jusques à sa mort. Pour ce qui est des troupes de
ces prétendues intrigues n'eussent aucun fondement, le roi d'Espagne ne laissa pas de destituer », etc.