Dangeau, t. XIII, p. 29; Sourc/ies, t. XII, p
2. Louis-Antoine-Erard Damas, comte d'Anlezy, était tout récent maréchal de camp (20 mars 1709); il mourut en 1712 à Huningue, dont il était commandant.
3. Il n'eut, en réalité, qu'une expectative, parce qu'il n'y avait pas de place vacante.
dans le Bugey et la Bresse, malgré l'opposition de notre armée de Dauphiné, qui fut commandée par le maréchal de Berwick; et qu'ils le soutiendroient de toutes les forces de l'Empire, au moyen de la communication que leur armée du Rhin se feroit avec lui par la Franche-Comté, et qu'alors ils le mettroient en possession de la partie de nos dépouilles qu'ils avoient stipulée pour lui dans leur grande alliance. Cette espérance le fit donc remettre en campagne avec ses troupes et les impériales qui lui étoient restées. Un de ses détachements s'approcha d'Annecy et s'en saisit facilement, car nous n'y avions que cinquante hommes, et le reste de l'armée devoit suivre pour favoriser l'entreprise des Impériaux par la Haute- Alsace, sur la Franche-Comté ; mais le malheur qui arriva au comte de Mercy, dont j'ai parlé ci-dessus, fit avorter ce projet. Il arriva même que le général impérial RhebinderS qui s'étoit avancé au pont de la Vachette*, près Briançon, avec quatre mille hommes de pied et cinq cents chevaux, y fut bien battu par Dillon, un de nos lieutenants généraux^. C'est à quoi se réduisit cette campagne, et le duc de Savoie s'en retourna avec tous
1. Bernard-Othon Rhebinder était originaire de Livonie; entré d'abord au service de l'Electeur palatin, il était passé à celui de Savoie en 1708 et avait alors le commandement en chef des troupes savoyardes.
2. La Vachette est un hameau avec un petit fort, dépendant de la commune du Val-des-Prés, sur le versant français du Mont-Genèvre.
3. Arthur, comte Dillon, d'origine irlandaise (1666-1728), était passé en France en 1690 avec le régiment de son père, et avait obtenu en 1706 le grade de lieutenant général; commandant à Briançon en 1709, il y restera jusqu'en 1712. — Le combat de la Vachette eut lieu le 28 août.
ses mécontentements, ne se souciant guère d'acheter de ses alliés, par de nouveaux services, des faveurs qu'il croyoit lui être dues.
Campagne d'Espagne, 1709. — M. le duc d'Orléans, qui retourna en France à la fin de la campagne précédente, ne revint pas en Espagne celle-ci pour être général des armées des deux Couronnes. Bezons, le
plus ancien lieutenant général, y resta pour commander les troupes françoises, et, ayant été fait maréchal de France, vers le mois d'avril de cette année\ il prétendit commander aussi les troupes d'Espagne qui dévoient servir sur la frontière de ce royaume; mais les officiers généraux espagnols ne lui vouloient pas obéir; d'où il s'ensuivit une grande mésintelligence entre eux, qui nous coûta Balaguer, lequel fut repris, avec trois bataillons qui y étoient en garnison, par le comte de Stahrenberg, général des Alliés sur cette frontière^. Cette mésintelligence alla si loin que le roi d'Espagne fut obligé de partir en poste de Madrid pour y venir donner ordre et éviter de plus grandes pertes^. Sa présence calma les esprits et suspendit, pour un temps, les ressentiments de ces messieurs, en déférant le commandement général au maréchal