Sailly, village entre Arleux et Vitry-sur-Scarpe
7. Déchy et Férin sont deux villages à l'est et au sud-est de Douay.
qu'ils auroient appris que nous n'avions plus aucunes troupes du côté d'Arleux.
Le maréchal, ayant fait achever ses ponts sur la Scarpe, passa cette rivière et mit son quartier général à Roclincourt, sa droite vers Arras et sa gauche tirant vers le Mont-Saint-Éloi ^ Sur ces nouvelles, les ennemis firent revenir à leur armée les troupes qu'ils avoient laissées au delà de la Scarpe sous le comte de Tilly et se vinrent camper dans leur camp retranché, depuis Hennin-Liétard, sur le canal de Lille à Douay, jusques à la Scarpe, à la hauteur de Vitry.
Notre armée ne passa qu'une nuit à son camp de Roclincourt et se mit en marche dès le point du jour pour s'avancer sur les ennemis, qui aperçurent sur le midi dans la plaine un grand nombre de nos escadrons entre eux et le village de Montauban^, à moitié chemin d'Arras à Douay, qui étoient suivis de tout le reste de l'armée, qui sembloit avoir dessein de commencer ses attaques par la gauche de leur armée. Elle prit incontinent les armes et se mit en bataille derrière ses retranchements, que le maréchal alla reconnoître de fort près, [se promenant beaucoup de droite à gauche,] pour tâcher de trouver quelques endroits plus favorables que ceux qui lui avoient paru jusques alors; mais ce fut inutilement. Notre armée resta là en bataille la nuit et le jour suivant, ramassant des four-
1. Roclincourt (Saint- Hilaire écrit Roquelancourt) est à quelques kilomètres au nord d'Arras, et Mont-Saint-Eloi est plus au nord-ouest sur l'ancienne voie romaine d'Arras à Thérouanne.
2. Hameau de la commune de Fresnes-lès-Montauban, sur la route d'Arras à Douay, près de Vitry-sur-Scarpe.
l'ages autour du camp, et les ennemis se tenant dans la même contenance derrière leurs retranchements. Le surlendemain, le maréchal, ayant jugé qu'il ne pouvoit attaquer sans un péril évident, fit retirer son armée une lieue en arrière. Alors toutes les apparences d'une bataille s'évanouirent, et les ennemis firent de gros détachements sous des officiers généraux pour favoriser le passage des convois qui leur venoient de Tournay; puis le maréchal alla repasser la Scarpe et se posta derrière Arras, pour couvrir cette place tout le long du Crinchon^, où il posta son armée, qu'il couvrit aussi par des retranchements qui furent jugés inexpugnables. Dans cette situation, il mit cette place hors de danger, et les autres qui étoient derrière jusques à la Somme, où on travailla avec diligence à réparer les anciennes fortifications.
J'ai tant fait de détails d'attaques et de défenses de places, dans le cours de ces Mémoires, que je ne traiterai plus que sommairement ceux qui suivront ; d'autant plus que je crois avoir mis souvent au fait de ces sortes d'expéditions ceux qui pourront lire ces Mémoires [et que mon âge avancé ne me permet plus de proHxité dans ce sens^].
Prise de Douay par les Alliés. — Je dirai seulement, à propos du siège de Douay, que les ennemis l'attaquèrent avec beaucoup d'impétuosité et de vigueur et Albergotti la défendit de même, disputant le terrain pied à pied. Il fit faire plusieurs sorties vigoureuses