Petit affluent de gauchie de la Scarpe
2. Si Saint-Hilaire écrivit ses Mémoires vers 1720, il avait environ soixante-huit ans.
qui firent perdre bien du monde aux ennemis, et soutint vaillamment tous leurs effortsjusquesau25 de juin, que, n'ayant plus que le corps de la place, qui ne valoit rien et se trouvoit fort ébranlé, de plus son fossé à moitié comblé, il se trouva obligé de capituler^ et il obtint tous les honneurs de la guerre qu'il avoit demandés-; mais il fut obligé de rendre en même temps le fort de Scarpe^ Le Roi, qui fut content de sa défense, l'honora du collier de son Ordre et lui donna le gouvernement de Sarrelouis qui se trouva vacant^.
Après ce siège, les ennemis, dont l'armée étoit devenue formidable par la quantité de troupes d'augmentation qui leur étoient venues d'Allemagne, avoient projeté de faire le siège d'Arras; mais le maréchal de Villars avoit situé son armée de telle sorte que cette place ne pou voit être investie sans donner bataille, dont le gain lui étoit presque assuré par l'avantage du terrain et des fortifications qu'il y avoit ajoutées.
Siège et prise de Béthune par les Alliés. — Ils se rabattirent donc sur Béthune, ville assez mal fortifiée, dont Vauban, lieutenant général et parent du défunt maréchal de ce nom% étoit gouverneur. Il défendit
1. C'est le 25 juin qu'Albergotti fit battre la chamade ; il manquait de vivres et l'on avait mangé tous les chevaux de la cavalerie.
2. La Gazette d'Amsterdam, n° LU, donna le texte de la capitulation.
3. Fort détaché dans une île de la Scarpe, assez loin en aval de la ville.
4. Ce gouvernement, qui rapportait seize mille livres, était vacant par la mort de l'ingénieur Thomas de Choisy.
5. Antoine Le Prestre, comte de Vauban, dit du Puy- Vauban, était fils d'un cousin germain du maréchal, avait servi dans le
méthodiquement cette place; quoiqu'avec une garnison très foible et manquant de bien des choses, il ne laissa pas de tenir les ennemis plus de temps qu'on n'avoitcru. A la vérité, ils l'attaquèrent si mal d'abord et Vauban se sut si bien prévaloir du courage de sa médiocre garnison et de l'inondation qu'il avoit formée, que les assiégeants furent contraints de changer leurs attaques, ce qui consuma du temps. La tranchée y fut ouverte le 27 juillet, et il capitula le 29 aoùt^. Vauban et sa garnison en sortirent avec tous les honneurs de la guerre, que les ennemis ne purent refuser à sa valeur et à la belle défense qu'il fit dans toutes les règles de l'art, quoique dans une très mauvaise place. Les ennemis assiègent Aire et Saint-Venant tout à la fois. — Le prince Eugène et le duc de Marlborough, ayant ainsi pris Béthune, s'en allèrent assiéger Aire et Saint-Venant^ tout à la fois. La dernière tint peu de jours, parce que, à proprement parler, cen'étoit qu'un poste retranché, où il n'y avoit que deux bataillons assez foibles, qui en sortirent par une capitulation honorable^. Mais, pour ce qui est d'Aire qui étoit
corps des ingénieurs et était parvenu depuis 1704 au grade de lieutenant général; il avait eu la même année le gouvernement de Béthune.
1. Dangeau, tome XIII, p. 235-237; Gazette d'Amsterdam, n°* LXX et LXXI, avec le texte de la capitulation.
2. Ces deux petites places étaient sur la Lys et à peu de distance l'une de l'autre.
3. Les deux villes furent investies le 6 septembre, Aire par le prince d'Anhalt, Saint-Venant parle prince de Nassau. Cette dernière, où commandait le chevalier de Selve, tint pendant vingt-quatre jours, quoi qu'en dise Saint-Hilaire, et ne capitula que le 30 septembre.
mieux fortifié et les ouvrages revêtus et couverts presque partout par des inondations, qu'ils voulurent saigner sans pouvoir en venir à bout, et dont la garnison étoit nombreuse, elle tint depuis le commencement de septembre et prolongea sa résistance avec valeur jusqu'au 9 de novembre, qu'elle capitula. La garnison en sortit avec tous les honneurs de la guerre*.
Le maréchal de Villars quitte le commandement de l'armée, s'en revient à la cour. — Pendant ce temps-là, le maréchal de Villars décampa de derrière le Crinchon et s'avança à Saint-PoP pour harceler l'armée ennemie et tâcher de mettre à couvert le pays du derrière et pourvoir à Saint-Omer. A la fin, se trouvant fatigué de ne pouvoir remédier à tout, comme il auroit bien voulu, et lassé de voir prendre tant de places à sa barbe, il demanda de s'en revenir, sous prétexte de sa blessure de l'an passé qui n'étoit pas encore bien consolidée.
Le maréchal d'Harcourt vient prendre le commandement de l'armée. — Le maréchal d'Harcourt vint commander l'armée et la mena camper derrière la Ganche^ ;
1. L'officier qui commandait à Aire-sur-la-Lys était M. de Goësbriand, gendre du ministre Desmaretz; il fit une très belle défense et ne se rendit qu'après avoir perdu ses principaux officiers et une grande partie de sa garnison. Le Roi le récompensa par le collier de l'ordre du Saint-Esprit et douze mille livres de pension, qu'il accompagna de grands compliments rapportés par Dangeau, t. XIII, p. 286-287, et par Sourches, t. XII, p. 404. Saint-Hilaire va en parler plus loin.
2. Saint-Pol, ou Saint-Pol-sur-Ternoise, aujourd'hui cheflieu d'arrondissement du Pas-de-Calais.
3. Petite rivière qui se jette directement dans la Manche, après avoir passé à Hesdin et à Montreuil.
mais, le siège et la prise d'Aire dans une saison fort avancée ayant contenté les ennemis, ils séparèrent leur armée pour lui faire prendre ses quartiers d'hiver. La nôtre se rompit aussi pour aller dans les siens.
Il est certain que la belle et longue résistance d'x4ire rompit le dessein qu'ils avoient d'assiéger encore Saint- Omer. Le Roi en fut si content qu'il honora Goësbriand, qui y commandoit, du collier de son Ordre, et lui donna le gouvernement de Verdun ^ Les principaux officiers qui servirent à cette défense furent aussi récompensés.
Campagne d'Allemagne, 17:10. — Ce qui se passa sur le Rhin fut si peu de chose de part et d'autre que cela ne vaut presque pas la peine d'en faire mention ; car les armées furent fort affoiblies par les fréquents détachements qui s'en firent pour la Flandre, qui fut le théâtre actif de cette campagne. Cependant, je dirai que le maréchal d'Harcourt commanda d'abord l'armée de France sur le Rhin, et le comte de Gronsfeld celle de l'Empire, qui passa le Rhin à Philipsbourg, le 18 août, s'avança jusqu'à Rergzabern^. Le maréchal d'Harcourt, [affoibli par les détachements qu'il avoit fait de son armée pour la Flandre,] se retira dans les lignes de Wissembourg sur la Lauter. Les deux armées restèrent dans cette situation pendant toute la campagne, puis se séparèrent pour aller prendre leurs quartiers d'hiver.
1. Le Roi lui promit le premier gouvernement qui vaquerait; il n'eut celui de Verdun qu'en 1711, à la mort de M. de Feuquières.
2. Bergzabern, dans le duché des Deux-Ponts, au nord de Wissembourg.
Campagne de Dauphiné, dliO. — Le duc de Savoie lit assembler son armée avec assez de lenteur, et même ne se mit point à la tête pendant toute la campagne ; elle fut commandée par le comte de Thaun ' , Lçénéral de l'Empereur. Le ducdeBerwick^ commanda la nôtre, qui ne fut pas bien nombreuse.
Le général impérial, ayant donc assemblé son armée en Piémont, détacha le comte de Rhebinder^, avec un petit camp volant, pour aller dans le val d'Aoste tenir et garder le défilé des montagnes qui y sont contiguës; puis, avec le reste d'icelle, il marcha vers l'entrée des vallées qui conduisent du Piémont au Dauphiné; ce qui obligea le maréchal de poster presque toutes ses troupes en cette province et de les étendre jusques proche la Provence. Ce général garda si bien toutes les avenues que les Impériaux n'y purent pénétrer, et, venant à manquer de subsistance, ils retournèrent sur leurs pas, et s'en vinrent dans les vallées d'Oulx et de Pragelas et firent même paroître quelques bataillons sur le Mont-Genèvre, où ils ne purent rester que quelques heures; car le maréchal y envoya bientôt un plus grand nombre de troupes qui les obligea de se retirer.
Les deux armées étant demeurées quelques jours en cette situation, les neiges commencèrent à tomber dans les montagnes, ce qui obligea l'armée ennemie de repasser en Piémont, où elle se rompit peu de temps après, pour aller prendre des quartiers d'hiver. Le duc