‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 138 sur 175 · Ont payé rançon pour · texte numérisé non relu

Ont payé rançon pour

Rockall, je reçus, la nuit, une furieuse tempête de N. N. E. qui a duré deux jours, le mauvais temps nous a fait perdre une de nos flûtes. J'ai bien peur que ce ne soit la proie de quelque Flessinguois.

Le 21®, environ à vingt lieues O. N. O. d'Ouessant, nous avons vu une escadre de six gros vaisseaux sous le vent à nous; ils faisoient la route du S. O.; le vent étoit forcé à O. N. O. La nuit, j'ai fait fausse route. J'ordonnai au Protée d'aller dire à une de nos prises, qui étoit sous le vent, de virer de bord dès qu'il feroit nuit et de faire le nord toute la nuit, qui étoit la route que je devois faire. La grosse mer et le mauvais temps ont été cause qu'il se sont abordés. Le Protée a eu sa misaine emportée, et nous ne savons pas quelle route a fait la prise. Comme il étoit nuit et que je n'ai eu nulle connoissance de cet accident, et qu'ils n'ont fait aucuns signaux d'incommodité, je n'ai pu leur donner du secours. Les vents étant du côté du nord et maniables, je compte que cette prise sera au Port-Louis. Nous avons trouvé le Protèe à l'entrée de Brest. L'officier qui commande cette prise a ordre de vous donner avis de son arrivée dès qu'il sera dans un port de France...

Je suis, etc..

Le comte de Forbin.

Capitulation de Tournay en 1709.

[La fermeture des Archives du ministère de la Guerre depuis le commencement des hostilités nous empêche de donner ici la lettre du maréchal de Villars, que nous avons annoncée ci-dessus, p. 180, note 1, et dans laquelle il blâme la conduite de M. de Surville].

Correspondance de Saint-Hilaire (1707-1710).

Saint-Hilaire au ministre de la Guerre'^.

A Paris, le 23 février 1707.

Monseigneur,

On me mande de Douay que des soldats de la garnison, que l'on n'a point découverts, ont dérobé de nuit à l'aide d'une grande échelle un nombre d'armes dans la salle aux armes et quelques platines, qu'ils vendent sans doute aux bourgeois de la ville. Il y a deux ans qu'ils dérobèrent encore quatre milliers de plomb dans le magasin du dessous, et, si vous n'avez la bonté d'écrire fortement aux officiers de l'état-major de Douay de faire faire des perquisitions exactes et fidèles des voleurs et des receleurs et de les faire punir, on sera toujours exposé aux mêmes accidents; car ce magasin est hors de l'enclos de l'arsenal.

J'ai l'honneur, etc.

Sainct-Hilaire.

Réponse en apostille : Pourvu qu'il soit bien prouvé que ce soit des soldats, il faut les faire payer à la garnison. Je le mande ainsi à M. de Bagnols, et à M. de Pommereu de tenir la main à empêcher les continuations de pareils désordres.

[Paris, 17 mars 1707. — Saint-Hilaire demande au ministre de la Guerre un ordre pour tirer de Calais dix pièces de canon pour les amener à Douay (vol. Guerre 2017, n° 256).]

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