Vol. Guerre 2018, n
de ceux qui sont à l'armée d'Allemagne, aussi bien que deux capitaines de charroi, dont le meilleur s'appelle Lefebvre et l'autre Launay; car tout ce que M. le duc du Maine pourroit faire d'ailleurs, avec toutes ses bonnes intentions, ne pourroit produire à présent d'ailleurs aucuns autres officiers sur lesquels on puisse compter, et ce seroit une dépense perdue.
Il nous manque encore les deux compagnies de canonniers du second bataillon du Roval-artillerie, qui nous joignit hier très foible; elles sont restées en Alsace, et je les ai demandées bien des fois inutilement cet hiver à M. de Jossigny. Il y en a une à Luxembourg, qui y pourroit suppléer et nous joindre plus promptement, si vous avez la bonté de lui en envoyer l'ordre.
J'avois aussi eu l'honneur de vous demander une compagnie de mineurs, très nécessaire en ce pays.
Je vous demande la grâce, Monseigneur, de vouloir bien faire attention au contenu de cette lettre et d'être persuadé que je ne vous demande rien de superflu. Je sais me régler selon le temps et les besoins, et je connois une partie de vos peines; mais on ne sauroit rien faire sans les moyens. J'ai emmené à l'armée quatre-vingt-deux pièces de canon et un équipage d'artillerie en bon état; vous en recevrez Tétat au premier jour.
J'ai l'honneur, etc.
Sainct-Hilaire.
Réponse en apostille : Vous saurez par M. de Vendôme les dernières résolutions qui auront été prises entre Son Altesse Electorale et lui sur le projet qui avoit été fait pour le siège de Huy, qui me paroît avoir peu d'importance pour les ennemis dans la situation présente où ils se trouvent. Si vous avez assez de fonds, je prendrai des mesures pour que vous ayez au moins ce qui sera absolument nécessaire.
Saint-Hilaire au ministre de la Guerre'^.
Au camp de Gembloux, le 19 juillet 1707. Monseigneur,
N'ayant pu me dispenser de communiquer à M. de Vendôme l'ordre que vous m'avez envoyé de faire évacuer de Namur les poudres qui y étoient descendues en dernier lieu, sur la remontrance qui vous a été faite par M. de Salians du péril évident qu'encouroit la ville, M. de Vendôme m'a ordonné de suspendre cette évacuation pour quelques jours et m'a dit qu'il vous le manderoit.
Lorsqu'elle se fera, ne jugeriez- vous pas comme moi, après ma représentation, qu'il seroit plus h propos de faire remonter cette poudre h Charlemont que de l'envoyer à Maubeuge, ainsi que vous me l'ordonniez par votre lettre, pour la raison que Charlemont est plus à portée, la navigation beaucoup moins difficile pour l'aller et le retour en cas de besoin, les escortes plus faciles et la dépense moindre. Auriez-vous donc agréable de m'envoyer incessamment vos ordres là-dessus, afin que je les suive précisément et qu'il ne survienne en ceci aucun retardement?
J'ai l'honneur, etc.
Sainct-Hilaire.
Réponse en apostille : Le Roi trouve bon que vous agissiez de concert avec M. de Vendôme pour l'exécution de l'ordre que je vous ai envoyé pour transporter de Namur à Maubeuge deux cents milliers de poudre qu'il y a de trop. Ce que vous proposez pour Charlemont est aussi bon, et Sa Majesté se remet à vous de les y faire transporter en cas que M. de Vendôme croie qu'il convienne de les retirer de Namur.