Affluent de gauche du Mein
2. Affluent de droite du Neckar, qui sépare le Wiirtemberg du duché de Bade.
3. Depuis la suppression de l'ordre teutonique en Prusse par la conversion au protestantisme du grand maître Albert de Brandebourg, ce qui restait de l'ordre en Allemagne avait élu un grand maître, qui résidait ordinairement à Marienthal en Franconie. En 1707, le grand maître était François-Louis de Bavière-Neubourg, évêque de Worms et de Breslau. Le grand maître avait généralement un coadjuteur; c'est sans doute celui-ci que Saint-Hilaire désigne sous le nom de second président. Sur cet enlèvement, voyez V Histoire militaire, t. V, p. 316.
4. Ces deux noms sont donnés sous une forme un peu dilTérente par \ Histoire militaire; on n'a pu les identifier.
5. Ce comté, situé en Franconie, avait pour chef-lieu la ville d'HoUoch; la famille de Ilohenlohe reçut en 1767, pour toutes ses branches, le titre de princes de l'Empire.
envoya Imécourt, avec l'aile droite de cavalerie de sa seconde ligne, à Neckarau ' sur le Neckar, pour soutenir le détachement du comte de Sézanne. Mais les affaires ne restèrent pas longtemps en cet état : les ennemis passèrent le Rhin, vinrent camper à Spire et de là à la Petite-Hollande; ce qui obligea le maréchal de se faire rejoindre par tous ses détachements, qui auroient pu être coupés par les ennemis au moyen de leur pont de Philipsbourg, et d'abandonner Mannheim et Heidelberg, après avoir tiré beaucoup de contributions des pays depuis le lac de Constance jusqu'au Mein, et jusqu'aux environs de Nuremberg.
Elle repasse le Rhin et vient se poster à Oberhausen. — Effectivement, l'armée des ennemis, qui étoit campée à la Petite-Hollande, repassa le Rhin à Philipsbourg le 28 et vint se poster à Oberhausen, où le maréchal la tint fort serrée, par différents postes qu'il tenoit à la sortie des bois, et nos partis leur prenoient quantité de chevaux.
L'armée de France décampe de Bruchsal et vient à Graben. — Notre armée resta à Bruchsal jusqu'au 8 août, qu'elle en décampa, pour venir à Graben. Le maréchal reçut ordre de la cour de détacher de son armée pour la Provence six bataillons et un régiment de dragons^.
Il détacha presque en même temps le marquis de Vivans, qui étoit revenu des Hgnes, avec environ deux
1. Cette localité n'est point sur le Neckar, mais entre cette rivière et le Rhin, au sud de Mannheim.
2. D'après les Mémoires militaires, t. VII, p. 230, c'est le 7 juillet que Villars envoya à l'armée du Dauphiné, et non de Provence, quatre bataillons et sept escadrons.
mille chevaux et quelques grenadiers, pour pénétrer par les Montagnes-Noires, et pousser des partis en avant jusques aux frontières du Tyrol, et dans tout le pays qui est entre le lac de Constance, le Danube et riller^.
L'armée des Impériaux vient à Bnichsal, après à Graben, puis contre Dourlach. — Le marquis de Bareith, ayant été averti des détachements que le maréchal de Villars avoit fait, dont son armée se trouvoit considérablement affoiblie, assembla un conseil de guerre, dans lequel il fut résolu que l'armée impériale marcheroit à Bruchsal, ce qu'elle fit, et qu'elle viendroit ensuite à Graben, puis à Dourlach.
Celle des François va camper à Mûhlburg. Les Impériaux veulent se saisir de Dourlach; le maréchal les en empêche. — Le maréchal, qui s'en doutoit bien, se mit en marche, vint camper, sa gauche à Miihlburg^, et sa droite appuyée sur un marais, près du château de Gottesau^. Il lut averti, par le commandant qu'il avoit mis dans Dourlach, que la tête de l'armée ennemie paroissoit, et, sur les neuf heures du soir, il eut un autre avis que cette armée entière arrivoit sur les hauteurs de cette ville. Il y envoya incontinent le duc de Broglio, avec quelques compagnies de grenadiers,
1. L'iller est un aflluent de droite du Danube, dans lequel il se jette à IJlm. Le pays ainsi soumis aux contributions était une partie de la Souabe. On voit que le récit de Saint-Hilaire montre combien est justifiée l'accusation portée de tout temps contre Villars d'avoir tiré des sommes énormes de tous les pays dans lesquels il faisait la guerre, sommes dont il gardait une bonne partie.