‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 23 sur 175 · Petit village au sud-ouest de Rastadt · texte numérisé non relu

Petit village au sud-ouest de Rastadt

2. Village d'Alsace, sur la rive gauche du Rhin, un peu en amont du confluent de la Murg.

3. Ettlingen, au sud de Carlsruhe, entre cette ville et Rastadt.

à l'entrée de la vallée de la Kinzig, avec ordre de mettre cent cinquante hommes dans le château de Hornberg\ qui est à une des extrémités de cette vallée, et donnoit l'entrée du pays ennemi du côté du Danube.

Le duc de Wurtemberg prend Hornberg dans le fond de la vallée de la Kinzig. — Les Impériaux, qui en connurent la conséquence, y firent marcher le duc de Wurtemberg, avec quatre mille hommes et du canon, par les derrières des montagnes; ils s'avancèrent &vec un corps de troupes à Bibrach dans la gorge de cette vallée. Vivans y marcha avec ses treize escadrons, et les fit retirer derrière Hornberg, qu'ils attaquèrent. La garnison fut faite prisonnière de guerre, après avoir essuyé quelques coups de canon. Le maréchal envoya aussi un régiment de dragons à Neubourg, près Hagenbach.

L'électeur d'Hanovre, étant arrivé à l'armée, alla reconnoître tout le terrain des environs, et, après s'être fait rendre un compte exact de toutes choses, il tint un conseil de guerre pour aviser à ce qu'il seroit le plus expédient pendant le reste de la campagne. Il fut résolu dans ce conseil que l'armée feroit de nouvelles lignes, depuis le Rhin jusqu'à la montagne, tout le long de la rivière d'Alb, qui n'auroient qu'environ deux lieues d'étendue, et se pourroient plus aisément garder, et avec moins de troupes, que celles de Stolhofien ou de Biihl. En attendant qu'il pût y faire travailler, il fut décidé que l'on tàcheroit de faire repas-

1. Ce château domine un gros bourg dans l'arrière-vallée de la Kinzig; il en a déjà été parlé dans nos précédents volumes.

ser le Rhin au maréchal de Villars, et que, pour en venir plus facilement à bout, il falloit se saisir par surprise du poste d'Hagenbach, qui étoit de l'autre côté du Rhin, par le moyen d'un détachement des garnisons de Philip^bourg et de Landau, afin de pouvoir faire un pont en cet endroit, pour faire passer son armée, et par ainsi obliger le maréchal d'en faire autant. Mais celui-ci en eut bientôt avis, et le prévint, en y envoyant d'augmentation Péri avec neuf escadrons et six bataillons, ce qui fit échouer le dessein du duc, qui fit continuer les nouvelles lignes, à qui on donna le nom d'Ettlingen.

Le comte de Mercij et le prince de Lobkowitz surprennent Vivans à son camp d'Offenhourg et le mettent en déroute. — Il nous arriva ensuite un petit esclandre : l'électeur d'Hanovre, ayant appris que Vivans étoit encore à Offenbourg, contre l'ordinaire des camps volants, qui ne sont que pour voltiger d'un lieu à un autre, fit un détachement de deux mille chevaux et de deux mille hommes de pied choisis, sous le commandement du comte de Mercy et du prince de Lobkowitz \ qui, après une marche de vingt-cinq lieues par derrière les montagnes, descendirent dans la vallée d'OflPenbourg par celle d'Oberkirch^ Vivans y envoyoit continuellement des partis, et des ordres aux baillis de lui donner avis de tout; mais son malheur voulut qu'un parti d'houssards qu'il y venoit d'envoyer, sous un capitaine auquel il avoit confiance, lui

1. Ferdinand- Auguste, prince de Lobkowitz, né en 1655 et mort en 1715, fut grand maître de la maison de l'impératrice Amélie, femme de Joseph P^

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