‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 26 sur 175 · Joseph Guibert, marquis de Vaubonne : tome II, p · texte numérisé non relu

Joseph Guibert, marquis de Vaubonne : tome II, p

paya chèrement la précipitation qu'il eut à le faire; car il fut arrêté aussi bien que les autres grands d'Espagne et traité avec la dernière dureté, le comte de Thaun l'ayant menacé qu'il le feroit pendre s'il ne se rendoit*; après cela, il l'envoya à Naples, le fît tenir un espace de temps en dérision sur une des places de la ville, puis ordonna qu'on le mît prisonnier dans les châteaux^.

Campagne de Dauphiné et Provence de i707 . — Pendant que tout ceci se passoit du côté de Naples, M. le duc de Savoie, avec le prince Eugène, avoit assemblé en Piémont une armée de trente mille hommes de pied et de quatre mille chevaux, et commença à se mettre en mouvement.

Le maréchal de Tessé commandant de l'armée de Dauphiné. M. le duc de Savoie et le prince Eugène marchent en Provence avec leur armée. — Le maréchal de Tessé, qui commandoit celle de France en Dauphiné, l'observoit avec beaucoup d'attention, et, dans l'incertitude où il étoit alors des desseins de ces princes, il avoit distribué les troupes de son armée, tant en Savoie que le long des passages du Dauphiné en Piémont, tirant sur la Provence. Il tenoit encore la vallée de Pragelas, la Pérouse et Fénestrelles, avec la vallée de Barcelonnette. Dès qu'il vit ([ue M. de Savoie prenoit la route de Provence et qu'il enfournoit le col de

1. C'est le 30 septembre que Gaëte capitula; la Gazette raconta les incidents du siège (p. 453, 463, 477, 525-526 et 536).

2. La Gazette de 1708, p. 56, 200 et 236, rapporte ces indignes traitements. Le vice-roi fut envoyé peu après dans la forteresse de Pizzighettone.

Tende, il envoya treize bataillons sous Saint-Pater', lieutenant général, pour jeter dans Toulon, où la garnison étoit fort foible et les fortifications très négligées, surtout du côté de la terre.

Je ne m'arrêterai pas ici à décrire la situation de cette ville en détail, parce qu'elle est assez connue; il me suffira de dire qu'elle est environnée presque partout de hauteurs ou montagnes escarpées, qui se dominent les unes les autres et commandent la place, qui est dans la plage, sur le bord de la mer. Mais j'estime qu'il esta propos, avant que de passer outre dans ma narration, de m'étendre un peu plus que je n'ai fait sur les motifs qui engagèrent les Alliés à entreprendre l'expédition dont j'ai dessein de parler.

Le soulèvement arrivé ci-devant dans les Gé venues-, dont les esprits n'étoient pas encore calmés, fit croire aux Alliés qu'ils réussiroient facilement à les faire révolter de nouveau ; qu'ils entraineroient avec eux les religionnaires du Dauphiné et du Poitou et les mécontents qu'il pouvoit y avoir dans les provinces, pourvu qu'ils pussent y introduire une armée capable de les soutenir et leur donner les assistances nécessaires ; ou que tout au moins, en prenant d'abord quelques places de réputation, ils se fray croient facilement une entrée dans le royaume, ce qui le réduiroit à d'étranges extrémités et leur donneroit le moyen de nous faire faire la paix à quelques conditions que ce pût être, si tant est qu'ils n'eussent pas pris le dessein de subjuguer tout le royaume et de le partager entre eux, ainsi qu'on disoit qu'ils en avoient dressé le projet.

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