‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 27 sur 175 · En 1703 : tome III, p · texte numérisé non relu

En 1703 : tome III, p

Ils trouvoient encore en celui-ci un grand avantage, en ce que, si cela réussissoit dans toute l'étendue qu'ils l'envisageoient, ils nous ôtoient toute communication avec l'Espagne qui auroit tombée d'elle-même, par conséquent le roi détrôné et son compétiteur mis à sa place, [pendant qu'ils occuperoient nos armées dans l'intérieur du royaume et sur les autres frontières où ils avoient pris un grand avantage, notamment du côté de Flandres.]

Ils [embrassèrent ce vaste projet avec de grandes espérances d'y réussir et y] firent entrer le duc de Savoie, qui devoit avoir une grande part à notre dépouille et être le principal instrument dont ils se dévoient servir en exécution de celui-ci, secondé du prince Eugène et des troupes de l'Empereur. Mais ce duc exigea d'eux de grands subsides, qu'ils n'hésitoient pourtant pas de lui accorder avec les autres secours qu'il leur demanda, sous condition, toutefois, qu'il n'en toucheroit que la moitié lorsqu'il seroit arrivé en Provence avec l'armée, et l'autre quand il auroit pris Toulon, qui étoit leur premier objet, et où nous avions un grand nombre de vaisseaux, avec un arsenal prodigieux de marine.

Les Alliés armèrent donc, pour l'exécution de ce projet, une grande quantité de vaisseaux de guerre, de galiotes à bombes et de barques, qui furent chargés de tout l'argent promis au duc de Savoie, de trois ou quatre mille hommes de troupes réglées et de force menus secours. L'amiral ShovelP eut le commandement de cette armée navale et passa de bonne heure

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