‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 3 sur 175 · Nous n'avons pu identifier cette localité · texte numérisé non relu

Nous n'avons pu identifier cette localité

n'étoit pas possible de les attaquer dans ce camp, vu même qu'il ne paroissoit pas de la prudence, après toutes nos disgrâces de la campagne précédente, d'aller hasarder un combat contre eux ; il convenoit mieux de les empêcher de rien entreprendre. Pendant que les ennemis furent dans ce camp, où ils demeurèrent longtemps, ils firent un détachement de vingt-cinq bataillons, qui alla camper contre Bruxelles, et le comte de la Motte, qui commandoit un camp volant sur la frontière de Flandres, reçut ordre de l'Électeur de faire rentrer dans nos places de Flandres l'infanterie qu'il avoit avec lui, et de venir se camper à Chàtelet^ près de Charleroy, avec sa cavalerie; il y fut renforcé par deux régiments, aussi de cavalerie, qu'on lui envoya de notre armée. Elle resta dans son camp de Gembloux jusqu'au 12 juillet, que celle des ennemis décampa d'Hougaerde. Il ne se passa rien de considérable pendant le temps qu'ils séjournèrent au camp ci-dessus : il n'y eut que quelques petites rencontres de partis de cavalerie et d'infanterie, avec des avantages alternatifs; mais un de nos partisans, appelé du Moulin^, eut l'adresse de se couler jusqu'à Malines, et la hardiesse d'entrer dans la ville , dont il tira quelque argent, et enleva quelques bourgmestres pour les contributions, et les mena à notre armée.

Le 1 0 juillet, sur le soir, l'Électeur eut nouvelle que les ennemis avoient décampé sur les onze heures du

1. A l'est de Charleroy, au point de jonction d'un petit affluent de la Sambre.

2. C'est dans le courant de mai que le partisan du Moulin accoiuplit cet exploit : Histoire militaire, par le marquis de Quincy,'.t. V, p. 278.

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matin, et avoient jeté des ponts sur la Dyle, ce qui fit croire que le duc de ^larlborough avoit dessein d'aller à Notre-Dame-de-Hal, de venir de là occuper le camp de Genape, et par ce moyen gagner une marche sur notre armée. Sur cet avis, l'Électeur donna ordre que personne ne sortît du camp, et qu'on ne prodiguât point les fourrages, de crainte que la nouvelle ne fût fausse, et que les ennemis n'eussent envie, par cette démarche, de nous faire quitter le camp de Gembloux, ce qu'il ne vouloit pas faire qu^il ne fût assuré que toute leur armée marchoit. A cet effet, il envoya quantité de partis pour lui en porter des nouvelles.

Le 1 1 au soir, il apprit que les ennemis renvoyoient tous leurs équipages à Bruxelles, et qu'ils marchoient à lui, après avoir retiré les troupes qu'ils avoient mises dans les garnisons, et tous leurs partis. Un peu après, les sauvegardes rapportèrent que leur armée s'avançoit par la plaine de Roux-Miroir^. Nos partis et les paysans de ce côté-là vinrent dire la même chose et qu'elle étoit déjà à Tourinnes-lès-Ourdons [et Orbais^], se disposant à venir passer le ruisseau de Walhain^. Comme il étoit à la tête de notre armée, et que le village étoit occupé par nos troupes, on en fit sortir tous les équipages, et, quoique cette nouvelle ne fût pas véritable, on ne laissa pas de prendre une furieuse alarme dans notre armée. On fit même tirer

1. Roux-Miroir est une commune du canton de Jodoigne, au sud-ouest de Tirlemont. Le manuscrit porte Beaumirois.

2. Tourinnes-lès-Ourdons est dans le canton de Perwez-le- Marché; Orbais est un peu à l'est de Tourinnes.

3. Walhain-Saint-Paul est une commune du même canton de Perwez. Wartem dans le manuscrit.

trois coups de canon sur les dix heures du soir, pour avertir qu'on se tint prêt à marcher ou à combattre. On battit la générale et l'assemblée en même temps, et l'armée se mit en bataille, ayant toute l'artillerie dispersée à la tête de la ligne.

Elle resta dans cette situation jusqu'à minuit, que l'Électeur fut assuré qu'il n'y avoit que deux mille chevaux ennemis, qui étoient venus jusqu'à Tourinneslès-Ourdons, pour couvrir la marche de leur armée, qui tiroit sur Genape. Effectivement cela étoit vrai; ils passoient la Dyle sur plusieurs ponts qu'ils avoient faits à Wavre et Limai*, et ensuite gagnèrent Genape.

Sur cette nouvelle, notre armée décampa de Gembloux le 1 2 à la pointe du jour, et, marchant sur sept colonnes, elle alla passer par Blanmont, Gentinnes^, Villers-Perwin^ et Obaix^, et vint camper sur le Piéton^, la gauche au ruisseau de Seneffe et la droite à Chapelle-lès-Herlaimont ^ .

Les ennemis font un gros détachement pour suivre l'arrière-garde de notre armée et tâcher de l'entamer. — Sur le midi du lendemain, les ennemis firent un détachement de tous les grenadiers de leur armée, de plusieurs bataillons anglois et de quarante escadrons,

1. Le manuscrit porte Ravze et Florival ; nous pensons qu'il faut lire Wavre et Limai, deux localités sur la Dyle, en amont de Louvain, dont il a déjà été parlé dans le tome III, p. 384.

2. Dans le canton de Genappe, à l'est de ce bourg, entre la Thille et l'Orne.

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