Il avait stipulé ces conditions dans la capitulation
Alliés se soumirent aussi l'île de Minorque, où ils firent passer le «général Stanhope^ avec quelques troupes angloises et hoUandoises qui achevèrent de s'en rendre les maîtres; je dis achevèrent parce que, l'année précédente^, le comte de Villars, chef d'escadre^, qui y avoit passé avec quelque secours, trouva cette île presque toute occupée et même la ville de Mahon. Tout ce qu'il put faire fut de la dégager et de pousser au loin Michel et Gabriel Sora, qui s'étoient faits chefs d'une troupe de vagabonds et avoient appelé à leur secours les révoltés de Majorque avec une partie des troupes angloises et hoUandoises que l'amiral Leake^ y avoient débarquées précédemment. Mais, comme le comte de Villars ne se trouva pas assez fort pour reconquérir toute cette île, et qu'il n'avoit eu ordre que de lui porter du secours et de s'en retourner à Toulon avec ses vaisseaux, sur lesquels les Alliés pouvoient tomber à tout moment, étant les maîtres de la mer, il s'en revint dans ce dernier port après s'être acquitté de sa commission, tellement qu'après son départ les révoltés reprirent vigueur et que les Alliés envoyèrent le général Stanhope avec des troupes à
1. Jacques, comte de Stanhope (1673-1721), avait d'abord servi en Italie comme brigadier général, puis en Portugal et en Espagne depuis 1705.
2. C'est à la fin de janvier 1707 que le comte de Villars se présenta devant Mahon avec trois vaisseaux de guerre et neuf cents soldats.
3. Armand, chevalier puis comte de Villars, capitaine de vaisseau dès 1684, était passé dans l'armée de terre en 1703 avec le grade de brigadier, puis était revenu à la marine et avait obtenu en 1705 le grade de chef d'escadre; il était frère du maréchal.