Tome III, p
leur secours, et qu'il se rendit maître des ville et château de Mahon et du fort Saint-Philippe que le gouverneur défendit le mieux qu'il lui fut possible, et qu'à la fin il fut obligé de rendre, se trouvant fort pressé et hors d'espérance de secours* ; d'où il a résulté que les Anglois sont encore les maîtres aujourd'hui de cette île ou petit royaume, dont la querelle n'est pas encore vidée ^.
La grande armée navale des Alliés est battue d'une rude tempête; l'amiral Shovell ij périt avec trois des plus gros vaisseaux de guerre. — A cela près, les Alliés ne furent pas heureux sur mer pendant cette année; car leur grande armée navale, qui avoit passé dans la ]Méditerranée pour protéger le prétendu siège de Toulon^, fut accueillie à son retour par une horrible tempête qui en fit périr trois des plus grands vaisseaux, dont l'un étoit celui de l'amiral Shovell, qui y périt vers les rochers de l'île de Scilly^. Son corps fut jeté quelques jours après sur le rivage de la côte. Tous les autres vaisseaux furent fort endommagés et eurent bien de la peine à se tirer d'affaire.
Affaires maritimes. — Ce ne fut pas là la seule disgrâce que les Anglois eurent sur un élément qu'ils comptent entre leurs domaines. Le chevalier Jennings^,
1. Mémoires de Saint-Simon, t. XIV, p. 282-283, et t. XVI, p. 170-171. La prise de l'île n'eut lieu qu'en 1708; Saint- Ililaire va se rectifier ci-après, p. 113-114.
2. Minorque fut laissée aux Anglais par le traité d'Utrecht, et c'est seulement en 1782 que les Espagnols, aidés des Français, la reconquirent.