‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 88 sur 175 · Wavrin est une commune du canton de Haubourdin · texte numérisé non relu

Wavrin est une commune du canton de Haubourdin

2. Aujourd'hui Billy-Berclau, à l'ouest de Pont-à-Vendin et proche de la Bassée.

3. Pont-à-Sault, simple pont sur le canal de la Haute-Deule, dans la commune actuelle de Bourges.

son armée, iroit assiéger cette ville, pendant que le prince Eugène, avec la sienne, observeroit la nôtre et couvriroit le siège. Cette place fut donc investie.

Hautefort-Surville ^ qui avoit eu part à la défense de Lille et y avoit acquis de la réputation, s'y trouva commander; la garnison, comme je viens de le dire, étoit fort foible, et il y avoit outre cela fort peu de vivres et d'argent. La bourgeoisie étoit nombreuse et peu affectionnée ; tellement qu'on n'en pouvoit guère espérer de secours et qu'au contraire on étoit obligé de l'observer beaucoup et de s'en défier.

Ouverture de la tranchée devant la ville de Tournay. — La tranchée fut ouverte à la ville la nuit du 7 au 8 juillet^, en trois endroits différents, et poussée avec la même vivacité, afin d'obliger la garnison à se partager pour la défense.

Après quelques jours de tranchée, les assiégeants s' étant logés sur le chemin couvert à leurs trois attaques et rendus maîtres d'un ouvrage à corne et d'un bastion détaché. Surville voulut faire une sortie pour les en déloger, qui ne lui réussit pas, et les brèches se trouvant assez grandes pour donner un assaut général aux trois attaques, Surville fit battre la chamade le 28 au soir.

1. Louis-Charles d'Hautefort, marquis de Surville, lieutenant général depuis 1702, avait été disgracié à la suite d'un duel; le maréchal de Boutïlers avait obtenu du Roi la permission de l'employer dans Lille assiégée, en 1708.

2. Saint-Simon [Mémoires, t. XVIII, p. 141 et suiv.) a raconté le siège de Tournay et la défense de Surville; on y trouvera un commentaire détaillé. Il y a un journal succinct du siège dans le volume Guerre 2151, n° 293; il a été publié dans les Mémoires militaires, t. IX, p. 327-329.

La ville de Tournay se rend par capitulation. — Il y eut deux capitulations différentes; savoir, une pour les gens de guerre et une pour les habitants. Il y fut stipulé, entre autres choses, que la garnison de la ville, au nombre de quatre mille hommes, entreroit dans la citadelle et que les malades et les blessés, avec les médecins et les chirurgiens, seroient transportés à Valenciennes six jours après la signature. Les Alliés se réservèrent d'en prendre les noms et les qualités pour leur faire suivre le sort de la garnison de la citadelle qu'ils alloient assiéger; tout ceci fut exécuté de bonne foi*. La citadelle étoit une très bonne place, à la vérité un peu petite; mais il y avoit quantité de galeries, de mines et de fourneaux contreminés et autres défenses souterraines dans les parties extérieures, avec bon nombre de mineurs. Mesgrigny, lieutenant général-, plus ancien que Surville, et qui avoit fait faire tous ces ouvrages, en étoit gouverneur, et, comme Surville avoit un ordre d'y commander, il en résulta que Mesgrigny en prit un grand sujet de mécontentement et ne s'empressa point du tout à la défense de sa place, qui lui étoit autant connue qu'elle étoit inconnue à Surville.

Il arriva encore qu'un commissaire des guerres, que Surville, pendant le siège de la ville, avoit chargé de faire voiturer une quantité de sacs de blé ou de farine de la ville dans la citadelle, s'acquitta mal de sa com-

1. On trouve dans les Mémoires militaires, p. 322-327, le texte de la capitulation de Tournay; il y est dit par le dernier article que la capitulation de la ville (pour les habitants) sera examinée à part.

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