‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 92 sur 175 · Givry est en Hainaut, entre Mons et Maubeuge · texte numérisé non relu

Givry est en Hainaut, entre Mons et Maubeuge

6. Montignies-sur-Roc, au sud-est de Quiévrain, dans la direction de Bavay, sur la Honnelle.

lier de Luxembourg [eut ordre, comme je l'ai dit, de s'avancer aux lignes de la Trouille, avec son camp volant ; mais il] n'y fut pas longtemps sans revenir joindre l'armée ; car, ayant vu l'avant-garde de celle des ennemis en deçà de la Haine vers le pont d'Obourg et d'Havre*, il ne douta pas qu'elle ne fût suivie par tout le reste de l'armée et ne se trouvant pas assez en forces pour leur disputer l'entrée de ces lignes, sans qu'il eût ordre de s'en retirer à la première apparition des ennemis, il en décampa, à ce qu'il parut à d'aucuns, un peu trop hâtivement, pour venir rejoindre notre armée ; car les ennemis s'étoient arrêtés à Obourg et à Havre, pour attendre le reste de leur armée, et ne surent que le matin que nous n'avions plus personne dans nos lignes; ainsi cette avant-garde n'y entra que sur les dix heures du matin. Cela nous fît comprendre que, [si notre armée ne se fût point arrêtée à Quiévrain, comme elle le fit, et y eût marché tout droit,] elle fut arrivée avant les ennemis, qui ne les auroient certainement point attaquées : [car elles étoient toutes des meilleures, ayant la rivière presque tout le long.] Gela auroit épargné la vie à des gens, de part et d'autre, qui la perdirent dans la bataille qui se donna quelques jours après, et sauvé Mons, où le chevalier de Luxembourg ne put jeter les bataillons qu'il avoit eu ordre d'y faire entrer ; car la nuit de sa retraite fut des plus noires et accompagnées de grosses pluies, qui la rendirent assez tumultueuse [et désordonnée, si bien que ces bataillons se trouvèrent fort petits et mêlés les

1. Obourg est sur la Haine, à peu de distance au nord-est de Mons, et Havre (l'édition de 1756 a imprimé Aiire] est aussi sur la Haine, un peu en amont.

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uns avec les autres, sans qu'il fût possible de les débrouiller. J'ai dit ci-dessus les raisons apparentes (|ui firent avancer le maréchal de Villarsjusques à Quiévrain et qui le firent tarder à envoyer les ordres au comte d'Artagnan de le joindre avec ses troupes ; s'il en eut (|uelques autres meilleures, je ne les puis deviner].

L'armée de France marche à Blaugies et Malplaquet. — Gomme on vit les ennemis maîtres de nos lignes, on leva tous les petits camps, et toute notre armée marcha par sa droite, du côté de Blaugies^ et de Malplaquet^, où se donna la bataille. Quand elle y fut arrivée, on vit une partie de l'armée des ennemis campée au delà des bois, à travers lesquels il y avoit de grandes trouées ; et sur notre marche nous fîmes plus de huit ou neuf cents prisonniers des maraudeurs des ennemis épanchés par la campagne. On apprit d'eux que toute leur armée n'étoit point encore là; que le prince Eugène, avec une partie de la cavalerie, n'avoit pas joint et qu'il étoit demeuré vingt-cinq à trente de leurs bataillons sur Tournay, [avec quelque cavalerie qui n'avoit pas marché avec l'armée], et auxquels ils avoient envoyé ordre de venir promptement la joindre, [aussi bien qu'à leur camp de Mons-en-Pévèle] . Toutes ces choses firent juger à plusieurs qu'il auroit fait bon de les attaquer en ce temps-là.

Les deux armées commencent de se canonner. — G'étoit le 9 septembre, sur les neuf ou dix heures du matin; mais on ne fit que reconnoître le terrain et

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