Ses lettres de provision sont du 15 septembre
3. Le duc de Bourbon fut fort mécontent de ce qu'il eût pris ce nom, parce qu'un Montesquiou avait tué de sang-froid son aïeul le prince de Condé à la bataille de Jarnac.
qui lui avoient promis de le mettre en état de travailler pour sa gloire et pour l'utilité de la cause commune.
L'électeur de Hanovre, général de l'armée impériale, passe le Rhin et fait mine d'en vouloir à nos lignes de Lauterbourg, défendues par l'armée de France. — Ce prince, ayant joint l'armée impériale, lui fit passer le Rhin près de Philipsbourg et diriger sa marche vers nos lignes de Lauterbourg. Le maréchal, qui en eut avis, s'y rendit avec notre armée et y fit si bonne contenance et si assurée qu'après que l'Électeur les eut reconnues de près, il n'osa ni ne voulut les faire attaquer; je développerai plus bas ce mystère.
Nous avions, pour la défense de la Haute-Alsace, et empêcher que les ennemis n'y passassent le Rhin vers les Suisses, établi un poste de deux bataillons dans l'île de Neubourg, et mis dans cette petite ville ^ qui n'est que comme un méchant village, cinq escadrons sous le brigadier Des Rozeaux^, qui patrouilloient le long du fleuve et observoient ce qui se pouvoit passer de l'autre côté.
Exécution d'un projet du duc de Hanovre, qui ne lui réussit pas. Le comte de Mercy est chargé de l'exécution de ce projet. — Pendant que l'électeur de Hanovre tenoit ainsi le maréchal en échec, dans les lignes de Lauterbourg, il envoya ordre au comte de Mercy ^,
1. C'est Neuenburg, sur la rive badoise, à mi-chemin entre Huningue et Brisach.
2. Cet officier, qui était de Bar-le-Duc, servait depuis fort longtemps et avait eu un régiment de dragons dès 1695; à la suite de la bataille de Calcinato en 1706, où il s'était fort distingué, le Roi l'avait nommé brigadier.