‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 108 sur 187 · Ou Bi'umat, sur la Zorn, en amont de Dettweiler · texte numérisé non relu

Ou Bi'umat, sur la Zorn, en amont de Dettweiler

467i] MÉMOIRES DE SAINT-HILAIRE. 179

assiéger dans Wasselonne le chevalier de Roncières^ capitaine au régiment de Champagne, que M. de Turenne y avoit laissé avec cent hommes de pied, à dessein d'amuser l'ennemi. Cet officier fit bravement et tint ((uatre ou cinq jours, quoiqu'il fût battu par dix ou douze pièces de canon, qui firent brèche dès la première journée. Pendant le séjour de M. de Turenne à Dettweiler, il s'occupa à faire fortifier Saverne, qui n'en est éloigné que d'une lieue et demie; il rappela même ses gros bagages, crainte (]u'ils n'invitassent les Allemands d'y aller, [car ce poste ne valoit rien, quelque travail qu'on y pût faire. M. de Turenne, quoiqu'il ne le témoignât pas, étoit dans de grandes inquiétudes que leur armée n'y marchât. Elle pouvoit le faire facilement, quoique prêtant le flanc à M. de Turenne, parce qu'elle auroit été couverte par la rivière de Dettweiler : ainsi ce général se tenoit fort alerte là-dessus, et, de peur que les ennemis ne lui dérobassent une marche, et qu'il ne fût embarrassé par ses gros bagages, tous les soirs ils étoient prêts à marcher, de même que toute l'armée. Il faisoit d'ailleurs si bonne contenance, qu'il ne fit pas remuer une pelletée de terre devant lui, quoique les ennemis fussent les deux tiers plus forts, et seulement à deux petites lieues.]

Il arriva à ce camp environ trente escadrons qui venoient de Flandres-, et qui étoient suivis par d'autres et un gros corps d'infanterie. M. de Turenne renvoya

1. Est-ce Hector de Guiry, sieur de la Roncière, qui devint plus tard lieutenant général du pays d'Aunis ?

2. Sous la conduite du comte de Sault ; sur ces renforts, voyez le vol. 414 du Dépôt de la guerre.

alors la noblesse, qui ne lui étoit guère utile, et fort à charge à cause de la rareté des fourrages, qu'il falloit aller chercher très loin. Le maréchal de Gréquy s'en retourna aussi, et perdit ses bagages, qui marchoient avec peu de précaution dans les montagnes de Saverne, où ils furent enlevés par un parti ennemi qui s'y étoit glissé.

Les Impériaux, avertis des secours qui arrivoient de jour en jour à M. de Turenne, et les croyant encore plus considérables, quittèrent la Basse-Alsace pour se jeter dans la Haute, où ils comptoient prendre leurs quartiers d'hiver, [et, en attendant, se campèrent à Geispitzen, espérant que M. de Turenne passeroit bientôt les montagnes pour aller prendre les siens, les premiers jours de novembre étant arrivés]. M. de Turenne, qui avoit son plan formé, demeura tout le reste du mois de novembre dans son camp à Dettwei- 1er, et n'en partit qu'au commencement de décembre pour aller à Ingweiler^, près des montagnes, où il séjourna environ quinze jours. Il fit rester en Lorraine les autres troupes qui lui arrivoient de Flandres et se saisit du château et du passage de la Petite-Pierre^. Les Impériaux crurent alors qu'il leur abandonnoit l'Alsace [et que son armée s'alloit séparer. Ainsi ils décampèrent de Geispitzen, pour prendre leurs quartiers d'hiver dans la Haute-Alsace], depuis Dachstein, qu'ils munirent d'une garnison, jusques à Ferrette et Altkirch^, dans le voisinage des Suisses. L'électeur de

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