‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 110 sur 187 · L'Histoire militaire dit huit cents soldats seulement · texte numérisé non relu

L'Histoire militaire dit huit cents soldats seulement

3- L'auteur anticipe sur l'année 1675, parce que le combat de Turckheim termina la campagne de l'année 1674.

4. Gros bourg sur la Fecht, à six kilomètres ouest de Colmar. Voyez Gazette, p. 32-34; Histoire militaire, p. 406-407; vol. 458 du Dépôt de la guerre; relation de Turenne, dans le recueil Grimoard, p. 629-632.

sa gauche, il remonta la rivière et s'approcha de Turckheim, dont il se saisit, [et, par là, devint maître du passage de cette rivière. L'armée se trouva alors de beaucoup déborder le flanc droit de l'ennemi].

Dans le terrain que l'armée françoise occupoit, elle avoit à dos les montagnes qui séparent la Haute-Alsace de la Vosge, et se trouvoit en bataille sur un glacis planté de vignes qui tombe en pente jusqu'à Turckheim, [que l'armée tenoit par sa gauche, et aux prairies qui bordoient la rivière].

[Lorsque les ennemis s'aperçurent que l'armée couloit le long de son flanc], ils voulurent se saisir de cette petite ville, dont ils n'avoient pas connu l'importance ; mais il n'étoit plus temps. Ils se réduisirent à poster le canon et un corps d'infanterie qu'ils y menoient pour occuper quelques passages sur la rivière, à un demi-quart de lieue au-dessous de Turckheim. M. de Turenne avoit déjà fait placer vis-à-vis deux bataillons, contre lesquels les ennemis engagèrent une grosse escarmouche. Comme ils étoient supérieurs, les bataillons françois furent obligés de quitter la prairie et de se retirer dans les vignes, d'où le feu s'entretenoit plus foiblement. M. de Turenne y envoya d'autres bataillons, qui croisoient leur feu sur l'ennemi, et devinrent supérieurs; mais il ne voulut pas y mettre du canon, jugeant que les Impériaux seroient contraints de se retirer sans qu'il fût besoin d'engager un plus grand combat. Cependant les bataillons françois, s'impatientant de seulement escarmoucher et d'être toujours exposés au canon de l'ennemi, qui faisoit grand feu, sortirent des vignes sur le déclin du jour, rentrèrent dans la prairie, et s'avancèrent sur le bord delà

rivière, où le combat recommença. Les ennemis le soutinrent d'abord avec fermeté; mais, quelques-uns des bataillons françois s'étant élancés dans la rivière pour en venir aux mains, les Impériaux abandonnèrent le terrain et se retirèrent en désordre. M. de Turenne ne voulut pas qu'on les poursuivît, et ordonna à ses bataillons de repasser la rivière et de garder seulement la rive qui étoit du côté de son armée.

Ce combat coûta la vie à environ mille hommes de part et d'autre ; mais il y en eut une grande quantité de blessés : du côté des François, MM. Foucault, lieutenant général \ de Moucy, brigadier d'infanterie et colonel du régiment de la Reine-Infanterie ~, furent tués ; plusieurs subalternes eurent aussi la même destinée.

L'action étant finie avec le jour, M. de Turenne ordonna à quatre cents grenadiers de couler derrière Turckheim de montagnes en montagnes, et d'y allumer une multitude de feux, pour faire croire aux ennemis que toute l'armée se portoit dans leurs derrières et les alloit couper. Ce stratagème réussit parfaitement et acheva de persuader à M. l'électeur de Brandebourg qu'il falloit abandonner la partie et faire retraite. Ainsi, il fit marcher toute son armée pendant la nuit vers Schelestadt, [une partie en deçà, et l'autre au delà de la rivière d'Ill]. Quelques-uns des officiers généraux de M. de Turenne vinrent lui apprendre cette

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