Le 6 août
qui vint peu de jours après de Flandres, ayant laissé l'armée qu'il y commandoit à M. de Luxembourg, qu'on fît maréchal de France ainsi que MM. de Duras, deSchonberg, delà Feuillade, de Navailles, d'Estrades, de Vivonne et de Rochefort^. Le comte de Lorge ne le fut que six mois après^, quoiqu'il eût vaillamment servi au combat d'Altenheim et que, par son ancienneté de lieutenant général \ il fût en droit d'espérer le même honneur; aussi fut-il sur le point de quitter le service*.
M. de Duras ne fut pas si tôt arrivé à l'armée, qu'il eut avis que celle des Impériaux avoit passé le Rhin sur le pont de Strasbourg et qu'elle vouloit s'avancer dans la Haute- Alsace. Il décampa sur-le-champ et se vint poster près de Benfeld^, où les ennemis se montrèrent aussitôt pour l'amuser en tête pendant qu'ils couloient par son flanc gauche, à couvert d'un grand bois, dans le dessein de se venir poster dans ses derrières et lui couper ses vivres. M. de Duras reconnut bientôt cette manœuvre : il marcha en arrière et vint camper à Chatenois^, où il appuya sa gauche, prolongeant sa droite jusqu'à Schelestadt, qui, en ce temps-là,
1. Promotion du 30 juillet. C'est ce qu'on appela la « monnaie » de Turenne.