Vol. Guerre 460, n
2. André Mathieu de Castelas, né vers 1618, n'était que lieutenant-colonel du régiment de la Marine; il eut ce régiment en récompense de sa défense de Haguenau, à la place de M. de la Motte, tué à Altenheim, et devint maréchal de camp en 1684.
3. Le duc d'Enghien arriva le 18 août à Chàtenois, et son père le lendemain (vol. Guerre 460, n°^ 149 et 152, deux longues lettres du père et du fils sur l'état de l'armée et sur leur première impression).
4. M. le duc d'Aumale [Histoire des princes de Condé, t. VII, p. 638) ne parle pas de blâme à M. de Duras.
5. Le général Susane [Histoire de Vinfanterie, t. III, p. 13) cite ce mot de M. de Castelas en réponse à un message de Condé, qui l'engageait à se défendre vigoureusement : « Tant que Mathieu sera Mathieu, Haguenau sera au Roi. »
feld, ensuite à Holsheim, sur la petite rivière de Brusch, qu'il ne passa point; car M. de MontecucuUi, ayant été averti de cette marche, leva le siège d'Haguenau et parut de l'autre côté de la Brusch, vis-à-vis du camp de Monsieur le Prince. Il fît aussitôt pousser vivement les gardes que nous y avions, et donna lieu de croire qu'il vouloit passer la rivière pour combattre Monsieur le Prince, qui mit son armée en bataille et couvrit son flanc droit de quelques retranchements, parce que l'ennemi, qui se rendit brusquement maître de quelques châteaux, pouvoit passer la rivière et tomber sur ce flanc. Mais ce n'étoit pas là son dessein ; il vouloit seulement canonner le quartier et le camp de Monsieur le Prince, et, pendant cette attaque, faire couler son armée par sa droite pour gagner le bas des montagnes qui séparent l'Alsace de la Lorraine, et venir occuper les derrières de Monsieur le Prince par l'autre côté des bois qui coupent le terrain. Monsieur le Prince, qui s'en aperçut bientôt, fît marcher toute la nuit son armée sur Benfeld. Les Cravates lui prirent quelques bagages qui s'étoient amusés dans des villages le long de la route, et, sur les nouvelles qu'il eut que les Impériaux s'avançoient toujours le long du pied des montagnes, il mena l'armée reprendre le poste de Chàtenois, où il la fit retrancher. Ainsi la manœuvre précédente de M. de Duras fut pleinement justifiée ' .
1. C'est le 29 août que l'armée revint à Chàtenois. M. le duc d'Aumale fait remarquer que Condé était mal secondé : sur ses trois lieutenants, l'un, M. de Duras, était malade, l'autre, M. de Lorge, mécontent, et le troisième était La Feuillade, cervelle creuse et plus courtisan que soldat.
M. de Montecuculli s'arrêta, [voyant ce poste pris, qui lui barroit le chemin, et, ne jugeant pas à propos de combattre] , il fit subsister son armée plus de deux mois dans le pays, le long des montagnes jusqu'à Saverne, tirant ses vivres des petites villes qui y sont situées et de Strasbourg. Pour Monsieur le Prince, il demeura campé à Ghàtenois tout le reste de la campagne, non sans de grandes incommodités, à cause de la disette des fourrages, qu'il falloit aller chercher fort loin. Il ne se passa plus rien entre les deux armées, sinon quelques rencontres aux fourrages, dans lesquelles les Impériaux eurent toujours du pire. Mais, vers la mi-octobre, M. de Montecuculli, qui étoit venu camper vers Molsheim, détacha le prince Hermann de Baden', avec un corps de troupes, pour assiéger Saverne, qu'on ne pouvoit secourir. Sur le point que l'on comptoit cette place perdue, aussi bien que Haguenau [et que les Impériaux hiverneroient dans la Basse-Alsace et mettroient au moins la Lorraine à contribution], on fut bien surpris d'apprendre que M. de Montecuculli, ayant reçu un courrier de Vienne, avoit fait lever le siège de Saverne ^ et ramenoit l'armée impériale repasser le Bhin à Strasbourg pour la faire hiverner en Allemagne.
Cette nouvelle, agréable aux François, déplut fort à toute la confédération; elle s'imagina que le Conseil de l'Empereur ne marchoit pas de bon pied^. Les avis
1. Né en 1628 et d'abord chanoine de Cologne, il prit ensuite le métier des armes, devint maréchal de camp général des armées de l'Empereur, président du Conseil de guerre, et mourut en 1691.