Histoire militaire, p
3. Georges de Wiirtemberg (1626-1699) avait succédé à son frère aîné en 1662 comme prince de Alontbéliard. Mademoiselle parle de lui dans ses Mémoires, t. IV, p. 341.
4. Il composa divers écrits théologiques sans valeur et le Dialogue du ménage d'un seigneur, tableau scandaleux de sa vie conjugale (Arch. nat., K 1764-1765).
.5. Il avait épousé en mars 1648 Anne de Coligny, petite-fille de l'amiral, qui mourut en janvier 1680, et dont la tète était en effet dérangée.
de son pays; ({u'il lui seroit cependant libre d'y demeurer et d'en percevoir les revenus. Sur cela, le prince assembla son Conseil ; pendant quelques heures il y eut plusieurs pourparlers et allées et venues. M. de Luxembourg pressant fort, le prince de Montbéliard le vint trouver lui-même et le rencontra lorsqu'il se promenoit à pied dans un petit pré, contre la [)orte du pont de la ville. Il descendit de cheval et l'aborda. Après les premières civilités, dont M. de Luxembourg ne fut pas avare, il lui demanda avec empressement des nouvelles de sa femme, qui étoit sa parente*, puis vint au fait, lui témoignant en termes très tendres le déplaisir qu'il avoit d'être chargé de cette commission. Il l'assura en même temps qu'il ne perdroit aucune occasion de lui rendre ses très humbles services, pourvu qu'il ne lui en ôtàt pas l'occasion en refusant de remettre volontairement son pays entre les mains du Roi, qui donneroit ordre qu'on le ménageât, et ne manqueroit point de le lui rendre aussitôt que la paix seroit faite. Il ajouta à cela mille belles paroles [et promesses, qui ne lui coûtoient guère, et qu'il oublioit aussi facilement^]. Le prince, l'en ayant remercié de son mieux, lui demanda de propo-
1. Il y avait eu au xvi® siècle une alliance entre Gaspard I" de Coligny et une sœur du connétable de Montmorency; mais, plus récemment, le frère de M"^ de Montbéliard, Gaspard de Coligny, duc de Châtillon, avait épousé Elisabeth-Angélique de Montmorency, propre sœur du maréchal de Luxembourg.
2. « Sa réputation n'est pas trop bien établie du côté de la probité, des vertus morales et chrétiennes, de la bonne foi, de la franchise, du désintéressement... Tout lui devient licite pour parvenir à son but » [Relation de Spanheim, éd. Bourgeois, p. 534).
ser encore la chose à son Conseil, et que dans une heure il lui rendroit réponse. M. de Luxembourg lui répondit qu'il y consentoit de tout son cœur, en le comblant d'honnêtetés. Sur cela, M. de Montbéliard prit congé de lui, et M. de Luxembourg le reconduisit jusques à son cheval, sur lequel M. de Montbéliard ne voulut pas monter en sa présence. M. de Luxembourg en prit occasion pour le reconduire à la porte de la ville, faisant signe à environ deux cents officiers que nous étions là de le suivre, de même qu'à quelques compagnies de grenadiers. La garde qui étoit à la porte du pont n'osa branler, et M. de Luxembourg, passant avec son cortège, en reconduisant toujours le prince et en lui faisant force civilités, arriva à la porte de la ville qui étoit à l'autre bout du pont, dont on se rendit maître. Alors on laissa aller le prince, qui se retira dans son château, d'où sa famille et lui sortirent le lendemain, avec un passeport de M. de Luxembourg pour se retirer à Bàle^. Ainsi la ville de Montbéliard fut prise à force de compliments. On y trouva un arsenal bien garni pour un petit prince, et on y mit une bonne garnison, et des troupes en quartier d'hiver dans tout le pays'^.