Ci-après, p
tage par la bonne défense de M. du Fay^, qui en étoit gouverneur, s'il avoit eu plus de poudre : cette nécessité lui fit rendre la place ^. Après que M. de Lorraine y eut donné ses ordres, il marcha droit à M. de Luxembourg, qui ne l'attendit pas, et repassa le Rhin, puis l'alla incontinent passer une seconde fois sur les ponts de Brisach, pour venir camper à demi-lieue de cette ville, dans la gorge qui est entre cette ville et Fribourg. Sur les nouvelles qu'il eut que M. de Lorraine marchoit encore à lui pour l'attaquer, il fit retrancher son camp, le quitta sitôt que l'ennemi parut, et alla l'asseoir sur les glacis de cette place, qu'il avoit derrière lui; son front de bandière étoit couvert du ruisseau, et des redoutes sur ses bords, qui environnoient la place.
M. de Lorraine n'y vint pas chercher M. de Luxembourg, comme on le peut bien croire; mais, au lieu de cela, il fit couler son armée le long des montagnes dont cette gorge est bordée, et la mena camper près
1. Charles du Fay, lieutenant-colonel du régiment d'Harcourt, puis commandant à Courtray (1668), n'était que lieutenant de roi à Philipsbourg depuis 1673. Fait maréchal de camp en octobre 1676, en récompense de sa belle défense, il obtint en 1682 le gouvernement de Fribourg, et mourut en juin 1693.
2. Philipsbourg capitula le 9 septembre. C'est le prince Frédéric de Bade-Dourlach qui avait été chargé de la conduite du siège avec son parent le prince Hermann de Bade, tandis que le duc de Lorraine commandait l'armée de couverture. Sur ce siège, on peut voir les Lettres Instoriques de Pellisson, t. III, p. 154-155, les Mémoires de Cliavagnac, p. 390, V Histoire militaire de Quincy, t. I, p. 491-497, les correspondances de la Gazette, et les lettres et relations qui se trouvent dans les vol. 508 et 509 du Dépôt de la guerre; les articles de la capitulation sont dans ce dernier registre, n° 20.
de Neubourg, au-dessus de Brisach, où il séjourna environ trois semaines. M. de Luxembourg repassa le Rhin à Brisach, vint se poster vers Mulhausen et y demeura le même temps; et, les Impériaux ayant décampé pour aller du côté de Bàle, M. de Luxembourg établit son camp où est aujourd'hui la place d'Huningue^ Les deux armées achevèrent là leur campagne^; et celle de France, en se retirant, s'empara du pays et de la ville de Montbéliard en la manière suivante.
On imputa au prince de Montbéliard ^ dont l'esprit étoit très foible* et la femme folle avérée^, d'avoir traité avec les Impériaux pour recevoir leurs troupes dans son petit État; et, sous ce prétexte, M. de Luxembourg se présenta devant sa ville, la fit investir de fort près, et, en même temps, envoya dire à ce prince que le Roi, n'étant pas content de sa conduite, et par conséquent ayant sujet de s'en assurer, lui avoit commandé de mettre garnison dans sa ville et autres lieux
1. La ville forte d'Huningue, d'abord simple redoute en maçonnerie sur la rive gauche du Rhin, à une demi-lieue nordouest de Bâle, fut bâtie par Vauban après la paix de iS'imègue, pour tenir les Bâlois en respect; on établit vis-à-vis un pont de bois sur le Rhin.