‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 148 sur 187 · Dépendant de la commune actuelle de Woippy · texte numérisé non relu

Dépendant de la commune actuelle de Woippy

4. Jacob Blanquet de la Haye, d'abord capitaine de cavalerie, eut un régiment en 1661 et une commission de lieutenant général en janvier 1670, pour commander les troupes envoyées aux îles d'Amérique. Il y resta jusqu'en 1675, et, au retour, fut affecté à l'armée du maréchal de Créquy.

5. Le 30 juin 1677. Il reçut un coup de mousquet au travers du corps et mourut quelques instants plus tard (lettres du chevalier Perrin et de M. de Givry, vol. Guerre 558, n°' 204 et 209).

qu'ils dressèrent auprès de Trêves, au village de Renich^ Dès que le maréchal de Gréquy les vit bien en marche, il retourna à Metz passer la Moselle pour tâcher d'atteindre leur aiTi ère-garde. Son avant-garde surprit, en effet, quelques bagages qui s'étoient trouvés dans de mauvais chemins, et le comte de Maulévrier, qui la commandoit, se trouvant amorcé par ce succès, lui fit passer imprudemment un long défilé au travers d'un grand bois, au sortir duquel il aperçut quelques escadrons ennemis et un reste d'infanterie au bout d'une plaine. Il voulut les aller charger, et, ayant fait mettre pied à terre aux dragons de la Reine ^ au bord du bois, il leur ordonna d'avancer dans cette plaine, ainsi qu'à sa cavalerie. En même temps, une partie de l'armée ennemie revint sur ses pas secourir son arrière-garde. M. de Maulévrier se vit obligé de se retirer plus promptement qu'il n'auroit voulu. Son régiment de dragons, qui ne pouvoit aller si vite, fut un peu endommagé et eut bien de la peine à regagner le bois et ses chevaux. M. de Gréquy arriva dans ces circonstances, et, ne jugeant pas à propos de pousser cette affaire, il dégagea M. de Maulévrier et vint camper à l'abbaye de Freistroff^, où il séjourna le lendemain^.

1. Sur la rive droite de la Moselle, presque au confluent de la Sarre.

2. Ci-dessus, p. 202. Ce régiment avait alors pour colonel Jacques-René de Brisay, comte de Denonville.

3. Abbaye de l'ordre de Cîteaux, dans le diocèse de Metz, sur le bord de la Nied et près du village de Bouzonville.

4. Cet engagement eut lieu le 11 juillet (relation du maréchal de Créquy, 12 juillet, vol. Guerre 559, n° 32 bis).

Ayant ensuite appris que les Impériaux passoient la Moselle, il la vint aussi passer à Thionville, pour prendre les devants, et alla camper au château de BassompierreS qui ctoit un méchant poste. Les ennemis vinrent l'y chercher deux jours après ; mais, comme ils arrivèrent tard, et qu'ils avoient un ruisseau à franchir, il n'y eut que quelques légères escarmouches, et, dès que la nuit fut venue, le maréchal décampa à la sourdine pour se poster à Gondrecourt^. Le troisième jour, M. de Lorraine fit paroître dès le matin, à la vue du camp, une tète d'ai^mée, qui devoit ensuite faire son arrière -garde, pendant que son armée marchoit par derrière pour gagner les devants sur le maréchal de Gréquy, comme il le fit en effet, et venir vers l'abbaye de Ghâtillon^. Le maréchal, ayant bientôt reconnu ce manège, suivit incontinent leur marche, un petit ruisseau entre-deux, que les Impériaux passèrent à la fin du jour, en sorte que les deux armées se trouvèrent le soir fort près l'une de l'autre, sans que rien les séparât. Le maréchal fit travailler toute la nuit à des retranchements à la tête de son camp ; il y eut de fréquentes escarmouches aux gardes.

Le surlendemain, les Impériaux quittèrent leur camp et marchèrent, au travers des plaines de Marville^, droit à Mouzon-sur-Meuse, et, l'ayant occupé, leur

1. Lorraine, cant. d'Audun-le-Roman, comm. de Boulange. C'était la terre patrimoniale du maréchal de Bassompierre.

Page 1