‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 163 sur 187 · Non pas le même jour, mais le 19 août seulement · texte numérisé non relu

Non pas le même jour, mais le 19 août seulement

2. « Cela se passa, dit Chamlay, avec beaucoup d'honnêteté et de civilité de part et d'autre, et la conversation, qui fut assez courte, roula sur des discours généraux » [Histoire de Louvois, p. 532).

3. Corps diplomatique de Du Mont, t. VII, l""^ partie, p. 365- 374; H. Vast, Grands traités, t. VI, p. 79-99.

4. C'était, depuis 1650, Maximilien-Henri de Bavière, qui était aussi archevêque-électeur de Cologne.

d'en avoir le consentement de l'Empereur (ce qu'il ne put obtenir), sinon de céder Charlemont. Cette place fut en effet livrée au mois d'avril suivant. Le Roi ne laissa pas de garder le château de Dinant par un accord particulier avec le prince de Liège ^

Traité de paix entre V Empereur, l'Empire et la France. — L'Espagne et la Hollande étant ainsi séparées du corps de la confédération, les princes de l'Empire en firent autant les uns après les autres et firent leurs traités^. Il ne resta plus que l'Empereur, le roi de Danemark et l'électeur de Brandebourg. Le premier ne pouvoit se résoudre à abandonner les dix villes d'Alsace et la protection du duc de Lorraine, qui étoit devenu son beau-frère^. Pour aplanir ces difficultés, on convint d'une trêve jusqu'au 1 5 février suivant, passé lequel temps le Roi déclara qu'il n'accorderoit plus les mêmes conditions. Enfin l'Empereur fut obligé de passer carrière aussi bien que les autres : il garda Philipsbourg, à condition de le remettre, démoli, à l'évêque de Spire ^, auquel il appartenoit; ce qu'il n'exécuta cependant pas. La France eut Fribourg et la souveraineté des dix villes d'Al-

1. Du Mont a donné la déclaration que les ministres de ce prince publièrent, le 2 février 1679, au sujet de la place de Bouillon, que la France conservait aussi.

2. Les ducs de Brunswick-Lunebourg et de Wolfenbiittel et l'évêque d'Osnabriick le 5 février, l'évêque de Miinster le 29 mars {Corps diplomatique, p. 391-396 et 399-401).

3. Le duc Charles V avait épousé, le 6 février 1678, Marie- Eléonore d'Autriche, fille de l'empereur Ferdinand III et veuve de Michel Wiesnowiecki, roi de Pologne.

4. C'était, depuis 1675, Lothaire-Frédéric de Metternich, qui possédait aussi l'archevêché de Mayence et l'évêché de Worras.

sace. Le duc de Lorraine ayant déclaré qu'il aimoit mieux demeurer dans ses droits que de rentrer dans ses États aux conditions proposées, le traité entre l'Empereur, l'Empire et la France fut signé le 5 février 1679\ et le Roi demeura en possession de la Lorraine.

Quant au roi de Danemark et à l'électeur de Brandebourg, il leur paroissoit bien dur de se soumettre et de rendre gratuitement à la Suède tout ce que leurs armes avoient conquis sur elle par tant de sang, de peines et de dépenses. Leurs plaintes paroissoient bien fondées, parce que la Suède avoit commencé la guerre contre l'électeur de Brandebourg. Ce prince écrivit au Roi une lettre très honnête et très respectueuse, par laquelle il déduisoit ses raisons, sur lesquelles il le supplioit de faire considération-. Il envoya cette lettre par M. de Meinders, un de ses ministres^, qui la rendit et demanda à la cour d'entrer en quelque négociation. Gela lui fut refusé. Le Roi lui fit répondre que, quand l'électeur son maître auroit rendu à la

1. Corps diplomatique, p. 376-382; H. Vast, Grands traités, p. 100-116.

2. Notre auteur se trompe d'époque : la lettre en question est celle que l'électeur de Brandebourg avait écrite dans le courant de juin 1678 [Histoire de Loui'ois, p. 553). A la suite du traité avec l'Empereur, il n'y eut qu'une protestation des ambassadeurs de l'électeur à Nimègue, datée du 19 février 1679 [Corps diplomatique, p. 385).

3. François von Meinders (1630-1695), d'abord secrétaire du prince de Waldeck, était passé au service de l'électeur de Brandebourg, dont il devint conseiller d'Etat en 1672; il fut employé dès lors dans toutes les négociations diplomatiques de son maître, qui le nomma ministre d'Etat en 1682.

Suède tout ce qu'il lui avoit pris, on examineroit alors si ses raisons étoient valables. L'électeur, dont les États étoient éloignés des terres de France, voulut temporiser; mais le Roi, qui se doutoit de ses intentions, y avoit pourvu en faisant hiverner une grosse armée vers Aix-la-Chapelle et dans l'électorat de Cologne, où elle occupa quelques villes sur le Rhin. Elle passa au renouveau ^ sous le commandement du maréchal de Créquy, qui la mena dans le comté de la Marck, appartenant à l'électeur, où elle vécut à discrétion. Elle alla ensuite sur les bords du Weser pour entrer dans ses autres États. Le général Spaen- s étant présenté de l'autre côté du fleuve avec quelques troupes pour en défendre le passage, le maréchal de Créquy y jeta les siennes, qui le passèrent moitié à gué moitié à la nage-^. Les troupes électorales furent battues et mises en déroute*. Aussitôt après, l'électeur envoya ordre à M. de Meinders d'accorder tout et de se soumettre à la volonté du Roi. Le traité fut signé à Saint-Germain-en-Laye le 29 juin^, puis celui du

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