Condé et Turenne
2. L'auteur a en effet écrit plus tard cette troisième partie, qui s'arrête à la paix d'Utrecht et qui sera comprise dans la
présente publication.
presque toujours eu les armes à la main contre quasi toutes les puissances de l'Europe, liguées ensemble et sans cesse alai^mées de tomber sous le joug. On verra des armées prodigieuses envahir des pays ennemis et, le Roi à leur tête, conquérir des États et des provinces en aussi peu de temps qu'il en auroit fallu à un voyageur pour les parcourir ; des généraux fameux, et peu aidés parce qu'ils vouloient conserver la liberté de l'action, entreprendre et réussir de grandes choses ; d'autres, favorisés, manquer des coups importants parce qu'ils faisoient leur principale étude de se régler sur les ordres souverains du cabinet, [qui, sans avoir égard aux occasions qui naissent et fuient d'un moment à l'autre, vouloit être le motif incontestable de toutes les opérations]. Enfin on verra d'excellents capitaines en repos, parce qu'ils résistoient à ce joug; d'autres substitués en leur place, quoique de beaucoup inférieurs en capacité, mais entièrement soumis ; et, malgré cela, un bonheur d'armes presque perpétuel, des paix glorieuses, d'autres qui ne l'ont point été, des conquêtes en pleine paix, [des souverains traités, on peut dire, avec indignité \ un prince, né sujet^, les venger]; des révolutions d'États et de religion^; un roi toujours magnifique, imité faussement par ses sujets, quoique sans cesse surchargés de contributions publiques ; le Conseil gouverné par des ministres envieux les uns des autres, d'ailleurs capables; après eux en paroître d'autres ignorants, inappliqués ou sans