Michel Renouard, enseigne aux gardes en 1645, avait eu
et très galant homme, [qui y vécut fort honorablement ; mais, nonobstant ses bonnes qualités], il n'y demeura que six ou sept ans; car, s'étant brouillé avec Monsieur le Prince, qui commandoit en Flandres, le Roi le révoqua et lui offrit le gouvernement de l'Ile de Ré, qu'il s'excusa d'accepter, disant que, puisque le Roi ne l'avoit pas jugé capable de demeurer dans son premier poste, il étoit inutile qu'il acceptât celui-ci. Le Roi différa longtemps d'en disposer, M. de Renouard étant toujours sollicité de l'accepter; on lui offrit même de lui payer les appointements échus, qu'il ne voulut point recevoir, alléguant qu'il n'étoit pas juste de recevoir de l'argent du Roi quand on n'avoit pas l'honneur de le servir. Il pendit donc l'épée au croc et n'en porta point du depuis, quoiqu'il vécut encore plusieurs années, sans mettre une seule fois le pied à la cour ^ . Je rapporte ce fait parce qu'il a de la noblesse, et que, en même cas, peu de gens aujourd'hui seroient capables d'en faire autant.
De Tournay, le Roi vint assiéger Douay. Cette place, qui étoit un peu meilleure, souffrit le canon pendant deux ou trois jours, et se rendit.de même que les autres^.
Pendant ce temps-là, le maréchal d'Aumont, avec
une compagnie en 1654, qu'il quitta en 1668, lorsque le roi lui eut donné le gouvernement de Tournay; en 1674, on lui offrit celui de l'île de Ré, qu'il refusa, et il mourut en septembre 1696.
1. Dans sa table manuscrite du Journal de Dangeau, Saint- Simon a inscrit cette phrase : « Mort de Renouard, si connu par sa disgrâce et par la façon dont il la soutint jusqu'à sa mort. »