‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 46 sur 187 · Gazette, p · texte numérisé non relu

Gazette, p

3. Portion de la Flandre belge, qui s'étend au nord de Gand jusqu'à l'Escaut.

4. Philippe-Hippolyte Spinola, comte de Brouay, général de bataille en 1641, était gouverneur de Lille depuis 1655; sa défense de Lille lui valut la Toison d'or. Il mourut le 17 janvier 1670.

règles de la guerre, c'est-à-dire qu'on y fît de bonnes lignes de circonvallation et de contrevallation pour s'assurer contre le dedans et le dehors ; car on avoit eu avis que le marquis de Gastel-Rodrigue^, gouverneur des Pays-Bas, avoit assemblé une petite armée, commandée par M. de Marcin^, afin de s'opposer aux entreprises du Roi. J'observerai, en passant, que ce capitaine avoit acquis beaucoup de réputation au service de Sa Majesté, et touchoit au bâton de maréchal de France, quand il fut entraîné au service des Espagnols par Monsieur le Prince, dans le temps de sa défection.

Le Roi fit attaquer Lille du côté de la porte de Fives^, et la tranchée s'ouvrit, en deux attaques, le soir du 20 août. Le lendemain, à la pointe du jour, on commença à battre la place avec vingt-quatre pièces de gros canon. Le 22!, on avança beaucoup les tranchées, et on établit une batterie de canons avancée et une de mortiers, dont on jeta des bombes dans la ville. Le 23, on tira beaucoup de part et d'autre, et on poussa la tranchée fort avant. Le 24, les travaux se

1. François, marquis de Castel-Rodrigo, créé grand d'Espagne en 1650, reçut le gouvernement des Pays-Bas en octobre 1664 et le conserva jusqu'en 1669; il mourut en décembre 1675.

2. Jean-Gaspard-Ferdinand, comte de Marcin, était passé au service de la France en 1648, mais il retourna à celui d'Espagne en 1653, ainsi que va le dire notre auteur. En 1672, il revint à la France par l'entremise de Gourville [Mémoires, t. II, p. 60-63); mais il mourut l'année d'après. C'est le pèi-e du maréchal de France.

3. A l'ouest de la ville. C'est le duc d'Enghien qui, le 9 août, établit l'investissement (Grt2e«e, p. 819).

trouvèrent si près, qu'on fit deux logements sur la contrescarpe et qu'on y établit un batterie de quatre pièces. Le 25, on perfectionna les travaux, et l'on fit une ligne parallèle pour joindre les deux attaques ; le feu fut fort grand de part et d'autre. Le 26, les ennemis firent, par la porte Saint-Pierre, en plein jour, une sortie de cavalerie, qui n'eut aucun succès. La nuit suivante, on se rendit maître des dehors après un combat assez disputé, et, le lendemain, le comte de Brouay rendit la ville ^ Il y eut à ce siège trente ou quarante officiers tués ou blessés, et cinq à six cents soldats. Le Roi s'y exposa beaucoup et coucha toutes les nuits au bivouac.

La ville capituloit, quand Sa Majesté eut avis que M. de Marcin, avec sa petite armée, s'approchoit pour tâcher de jeter du monde dans la place, qu'il comptoit devoir tenir davantage. Elle détacha aussitôt MM. de Créquy^ et de Bellefont, lieutenants généraux, avec chacun un corps de troupes, afin de lui couper la retraite : ce qu'ils firent heureusement ; car ils le joignirent si brusquement, qu'il n'eut pas le temps de se mettre en sûreté. On lui tua cinq ou six cents hommes; le reste se dispersa^. M. de Marcin eut bien de la peine à se sauver, et MM. de Gréquy et de Bellefont revinrent trouver le Roi et lui amenèrent quan-

i. La reddition est du 27 août. La Gazette donne beaucoup de détails sur ce siège (p. 841-843, 865-867, 998-1001); voyez aussi V Histoire militaire, p. 281-284, les Œuvres de Louis XIV, t. II, p. 439 et suiv., et t. III, p. 52-65, les Mémoires de Pomponne, t. I, p. 444-447, etc.

2. François, marquis de Créquy, qui devint maréchal de France en 1668.

Page 1