‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 50 sur 187 · Il faut ajouter : une autre fois · texte numérisé non relu

Il faut ajouter : une autre fois

2. Au sens de paquet : arrêt du Conseil d'Etat du 18 juin 1681, cité dans le Supplément du Dictionnaire de Littré. — Sur ce vol des courriers, M. Rousset a publié une curieuse lettre de Louvois du 27 janvier : Histoire de Loui'ois, t. I, p. 132-133. Voyez aussi le Secret de In poste sous Louis XIV, par M. A. de Boislisle [Annuaire -Bulletin de la Société de l Histoire de France, 1890, p. 230).

Franche-Comté, le Roi se mit en chemin pour s'y rendre.

Monsieur le Prince fît savoir au parlement de Dôle que Sa Majesté, informée que leurs députés n'étoient munis ni des pouvoirs du marquis de Gastel-Rodrigue, leur gouverneur général, ni de ceux de la reine régente d'Espagne, [et, de plus, qu'ils ne vouloient s'obliger à fournir la ratification dudit marquis que dans trois mois, quoiqu'il ne fallût que quinze jours à un homme de pied pour en rapporter la réponse], s'étoit persuadé avec beaucoup de raison que les Comtois vouloient l'amuser par des négociations, afin de gagner du temps pour l'arrivée des troupes de l'Empereur et de celles du Milanois, [et, sous prétexte d'un refus de ratification, rendre le traité nul] ; que. Sa Majesté n'ayant d'autre but que de procurer la paix à leur province, elle se trouveroit obligée d'y tenir une armée au commencement de la campagne suivante pour la défendre, ou de la laisser en proie à celle de l'Empereur, et que, voulant profiter du temps qui lui restoit, elle l'avoit chargé d'entrer en Franche-Comté avec une armée, qu'elle suivroit de près en personne dans le même dessein.

Cette réponse et l'armée entrèrent en même temps. Monsieur le Prince fit occuper d'abord tous les postes et les passages, afin de tenir les milices du pays dispersées et d'empêcher qu'aucun secours ne parvînt dans les places. Il fit investir en même temps Besançon et Salins, qui se rendirent aussitôt^. Le Roi en reçut la

1. Les 7 et 8 février [Gazette, p. 174-175; Histoire militaire, p. 288-289).

nouvelle en arrivant à Dijon, et se détermina à entreprendre la conquête de la province entière, quoique son dessein ne fût d'abord que d'emporter ces deux places, qu'il comptoit devoir se défendre quelque temps. Il joignit Monsieur le Prince devant Dôle; on ouvrit la tranchée, et elle se poussa avec tant de diligence et de facilité, qu'on se trouva, le lendemain, à portée d'attaquer les demi-lunes. Elles furent emportées après un petit combat, et la place se rendit, le matin du jour suivant, sans avoir essuyé un seul coup de canon*.

Le marquis de Villeroy^, qui étoit alors colonel du régiment de Lyonnois, fît au Roi, pendant ce siège, une galanterie militaire dont Sa Majesté s'est bien souvenue depuis; car je la lui ai entendu raconter plusieurs fois. Le marquis, étant, le premier jour du siège, à la promenade avec le Roi, lui fit remarquer un drapeau que les ennemis avoient placé sur une demi-lune, et demanda s'il agréeroit qu'il lui en fit présent avant minuit. Le Roi répondit qu'il le vouloit bien. Sur les dix heures du soir, M. de Villeroy fit avancer un sergent de son régiment, avec un petit détachement, au pied de la demi-lune, qui n'étoit défendue par aucun chemin couvert. Le sergent tira à lui le drapeau avec le crochet de sa hallebarde et le porta à son colonel, qui l'envoya au Roi.

Dôle étant pris, on marcha à Gray, qui se rendit dès que le Roi parut devant ses portes^; tous les chà-

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